SCÈNE IX
(ait casser le cou ou quelque membre. Mais aujourd'hui puis-je jouer un autre râle sans que votre oncle s*en aperçoive?
DOROTHÉE
Mais, Morille, tout est-il déiespéré?
MORILLB.
Parbleu! j*y vois beaucoup d'apparence, et .c*est à vous' à vous consulter là-dessus. Quant à moi, je suis d*avis de demander mon congé; car le métier de cocher, que je fais malgré moi pour servir vos amours, m'attirera sans doute quelque maligne influence. Tout franc , je crains la destinée de monsieur Phaéton , c'est-à-dire que la foudre ne tombe sur mes gaules : il me souvient que votre oncle a déjà commencé par un sou^ flét à faire le Jupiter sur mon visage.
DOROTHÉB.
Ten suis fâchée ; mais pour adoucir en quelque façon ton déplaisir, {/rends cette bague , et surtout ne m'abandonne point en l'état où je suis.
MORILLE
Je crois qu'il eSt à propos d'aller trouver mon maître pour l'avertir de tout ce qui se passe.
^nOROTBÉE.
Fais en sorte que je puisse lui parler.
MORILLE
Mais en quel lieu , madame ?
i6a LE COCHER SUPPOSÉ.
DOBOTHés.
Je ne sais.
MORILLE
Ni moi , à moins que vous ne me permettiez de Fintrodiiir^ dans la maison.
D o R o T H é E , s'en a/(an t.
Fais comme ta Tentendras.
MORILLE
Cest assez, cest assez.