SCÈNE XI. i
ROSETTE
Peut-être que, si je parlois à Morille. i.
JOIilE.
Fsus ce que je t'ordonne, et non davantage. ADRiAN, à Julie.
Madame, voilà le logis de monsieur Hilaîre, de la nièce duquel, comme je vous ai dit, mon> sieur lisidor est passionnément amoureux.
JULIE
Le traître ! le perfide !
ADRlAK.
Vous m'avez envoyé , depuis un mois, ici , pour observer les actions de votre amant ; soyez persuadée que je n'ai point perdu de temps, et que par mes lettres je vous en ai rendu un fidèle compte.
JULIE, àAdHan,
Crois que je suis fort contente de tes soins, et que tu le seras de moi.
ADRIAir.
Madame, je suis votre serviteur. Mais que ditesvous du billet que j'ai écrit à monsieur Eutrope, pour lui donner martel en tête , et traverser votre amant dans ses nouvelles amours ?
JULIE
Rien n'est mieux imaginé , et le tour est adroit.
i64 LE COCHER SUPPOSÉ.
B08BTTE.
Je vous avoisbien dit^ madame, que mon fràre en sayoit bien long, et qu'il n'étoit pas un sot. C'est un compère... Il est vrai qu'il n est pas riche, non plus que moi } mais^ il possède, en fonds d'esprit , plus de cinq cents écus de revenu : le jeu lui en fournit une bonne partie ; et certains autres petits négoces que les occasions présentes lui répondent du reste. J'avoue que souvent il n'y a pas beaucoup de droiture dans tout ce trafic ; mais on doit l'excuser: il a cela de commun avec de bien plus grands seigneurs que lui.
ADBIAtr.
Ma sœur aime à plaisanter.
ROSETTE, à Adrian.
J'aime à parler franchement et sans fard.Mais rends-moi raison sur Morille , cocher dans ce logis, lui qui n'a jamais mené de carrosse.
▲ DRIAN.
N'ai-je pas dit à madame que c'étoit sûrement une adresse pour faciliter leur entrevue ; et que , dans tontes les promeaades, j'ai remarqué qu^ monsieur lisidor s'y rencontroit toujours?
ROSETTE
Il est vrai : excuse; c'est que j'ai la mémoire courte.