‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 161 sur 465 · ACTE m, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE

Qa*à m éloigner t^m ordre il y va de ma tête , Qu aujoiird*luii découvert je périrai demain , Que mon saAg, qae l'état me défendront en vain. Mais mon destin le vent : il fant que j*obéisse. Eh! que voudrois-tu donc, Martian, que je fisse? Peuz-tn bien concevoir dans ces tristes moments La rigueur de mon sort , mes craintes , mes tourments? On me prive à jamais de tout ce que j'adore ; Je vois dans la splendenr deux }|ommes que j'abhorre , Dont lHj]ju9t« pouvoir, à me nuire obstiné, Me rend presque odieux le san^ dont je suis né. Malgré tant de raisons, malgré tant de contrainte, Laisfié-je un seul moment échapper quelque plainte? J'étouffe mes soupirs , j'étouffe mes regrets : Je ne punis que moi des maux que l'on m'a faits; Et , nourrissant mon oœnr de ma mélancolie , D'un malheur étemel j'empoisonne ma vie. Enfin , lassé à0 voir des objets, si cruels , Pour m'épeogner des coups , ou des vœux criminels , Moins soigneux de mes jonrs que de mon innocence , Je demande , par grâce , à partir de By^ance , Et d'aller exercer mon courage et mon bras A soumettre, à calmer de rebelles états; On me refuse encor l'emploi que je demande t On soupçonne ma foi ! je vois qu'on ih'appréhende. On m'impute à foriàit le soin de m'éloigner ; On me croit dévoré de l'ardeur de régner, Et tout près de tenter, par un orgueil extrême , Ce que je a,'ai point fait en perdant ce que j'aime t Sur ces fausses raisons on mç retient ici !

248 ANDRONIC

Je vois contre mes plears qu'un père est endurci ; Je vois mes ennemis triompher de ma peine. On me lie à mes maux d'une plus forte chaîne : On veut me voir souffrir, et mes persécuteurs Ne seroient pas contents, si je souffrois ailleurs.

MARTIAN

Mais, seigneur...

ANDRONic, tinterrompant.

Je ne puis t'écouter davantage.

Je me livre aux transports de ma seCréte rage ! Plus de conseils; il faut m'éloigner ou périr. Dans le champ qui m'attend je brûle de courir. C'est nourrir trop long-temps une douleur timide ; Je veux que désormais la colère me guide, Pour faire hautement repentir l'empereur D'avoir traité son fils avec tant de rigueur!... Mais déjà dans ces lieux régne un profond silence.. Cours, héte-toi, réponds à mon imjHitience. Observe le moment où nous pourrons partir. Et quand il sera temps reviens m'en avertir.

{MaHian.sort.)

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