ACTE IV, SCÈNE XI. p
L EMPEBEU1I.
Ce qu'un juste courroux et la raUoi^ m'inspire.
AIIDRONIC.
Que je suis malheureux!
l'empereur.
Bien moins que criminel.
ANDHONIC.
Ne quitterez-vous point ce sentiment cruel? Serest-vous pour un fils inflexible et sévère?
L EMPEREUR
Avez-Tous donc été plus tendre pour un pèr^?
▲ NDRONIC.
Eh quoi ! c'en est donc fait? il ne m'est plus permis. Seigneur, de me donner le nom de votre fils? Et cependant , hélas ! dans ce moment funeste , Ce nom de tous mes biens est le seul qui me reste. Oui , seigneur, je n'oppose à ce juste courroux Que ce sang , que. ces traits que j'ai reçus de vous : J'ose dans votre cœur avec cette défense Me promettre toujours un reste d'iuQOCejiçfS.
l'empereur.
C'est là ce qui vous rend plus coupable à mes yeux. Vous joigne? à ce nom des noms trop odieux » Ingrat! et sans frémir je ne puis reçonnottre Mon sang dans un rebelle , et mon fils dans un traître !
ANPRONIC.
Seigneur...
l' empereur, V interrompant.
Ce ne sont plus maintenant des soupçons ; Nous avons découvert toutes vos trahisons...
a64 ANDRONIC.
Allez, prince , marchez où l'honneur vous convie ;
Soulevez contre moi toute la Bulgarie :
Dans ces nobles emplois signalez votre bras.
D'autres crimes encore...
ANDRONIC
Ah ! ne le croyez pas !
Ne me reprochez point un crime imaginaire.
l'empereur.
Quoi! se rendre le chef d'un peuple téméraire. Traiter secrètement avec des révoltés, Sont~ce là, dites-moi, des crimes inventés?... Que ne puis-je douter de ton ingratitude? S'il m'en restoit encor la moindre incertitude, Bientôt en ta faveur je saurois m'abuser, Et je te défendrois, au lieu de t'accuser. Mais de ta propre main j'ai vu le seing parjure» Et mes yeux dans mon cœur font taire la nature. A quoi tendoient enfin ces perfides traités , Ces asyles offerts , ces secours acceptés , Ces serments mutuels, cette coupable ligue. Qu'au trône où, dès long- temps, un père te fatigue? Réponds-moi , si tu peux. As-tu quelques raisons, Ou plutôt sont-ce là toutes tes trahisons? Parle : ton embarras suffit pour te confondre.
▲ NDRONIC.
Non, seigneur; je ne puis ou n'ose vous répondre... Je suis moins criminel que je ne le parois , Et vous ne savez pas encor tous mes secrets.
l'empereur.
Quoi!:..