acte' IV, SCÈNE XI
ANDRONiC, P interrompant.
De vos favoris la farouche conduite Pourroit justifier le dessein de ma fuite. Sous le joQg importun de leurs sévères lois, Les cœurs les plus soumis murmurent quelquefois ; Et Ton doit imputer dans un jeune courage De tels égarements aux foiblesses de l'âge. Mais je ne veux devoir ma défense qu'à vous...
{m jetant à ses pieds.) Souffrez que je me jette encore à vos genoux. Votre ame en ma faveur n'est-elle point émue?
{voyant t empereur détourner la vue de dessus lui. ) Quoi ! loin de m'écouter vous détournez la vue? Votre cœur se refase aux tendres mouvements Qui devroient le saisir dans ces tristes moments ! Begardez-moi, seigneur, avec des yeux de père... Mais , hélas ! je ne fais qu'aigrir votre colère.
l'empereur.
Prince , n avez-vous rien à me dire de plus ? .ANDRONic, se relevant.
■Non; d'en avoir tant dit je suis même confus. Ah ! ce ti'est point l'horreur du coup qui me menace Qui m'a fait mendier une honteuse grâce, Et mon cœur, en effet » n'attendoit pas de vous , Après tant de rigueurs, un traitement plus doux. Je, sais trop que pour moi vous êtes insensible , Et la mort à mes yeux n'offre rien de terrible. Si l'on ne m'eût contraint à cejt indigné effort...
L EMPEREUR, l'interrompant.
C'est assez; je t'entends.
a66 ANDRONIG*
ANDRONIC
Ordonnez de mon sort.
Hâtez le coup fatal d*une lente justice. La vie est désormais mon plus cruel supplice, Et je mouiTois bientôt de honte et de regret De m'étre à vos genoux abaissé sans effet..
{Il sort.)