ACTE I, SCÈNE TIF
Secrétaire, greffier, procureur, ni sergent , N'ont jamais pu , dit-on, tenir contre l'ùgent. Seroit-il le premier?
DUBOIS, à parti
Fidèle à sa maîtresse , Elle a cm m'almseravec ce tour d'adresse.
JOSTiiTE, à part.
Que mmiiM-it-il là?
DUBOis/o part.
Ne pourrai-je jamais Obtenir d'être admis dans lemrs conseils secrets? Que lui dire?
JUSTINE, à part.
Je veux £aire un cbyp de ma tète.
DVBQis, à part.
Je sens je ne sais quoi qui m'étonne et m'arrête.
J178TINBV à part.
Tout coup Taille I pai'lens : je ne puis reculer.
DUBOIS,^ /MI rf.
Avançons : un grand cœur ne doit jamais trembler. ( Chacun tteux s'avance de xn côté, et ib se rencontrent nez à nez.) JUSTINE, feignant dêtrk rêveuse.
Ah! pardon.-
DUBOIS
De quel troidsle êtes-vous donc pressée?
JUSTINE
Mais vous, sur qiiel objet pdrtiez-rous la peiisée? Vous étiez, en secret,- puissamment agité. De |[«»aee , contentes ma eoriosité'.
Je ne pensois qu'à vous.
JUSTINE
A moi ?
DUBOIS
Je vous le jure.
JUSTINE
Je ne pensois qu'à vous aussi , je vous assure.
DUBOIS
Quelle rencontre !
JUSTINE
Après quelque réflexion Sur le malheur du monde et sa confusion ( Car vous devez sayoir que j'excelle en morale) , « Par quel ordre cruel , par quelle loi fatale, «Me disois-je à moi-même, est*il donc arrêté « Qu'on ne trouve par-tout que contrariété ? « Pourquoi des gens sensés que le destin assemble « Ne s'accordentoils pas pour vivre heureux ensemble? »
DUBOIS
Je pensois justement ce que vous avez dit.
JUSTINE-
« Par exemple, Dubois, disois-je, a de l'esprit;
■ Tout le monde connoit ses talents , sa prudence.
m s'il vouloit avec nous être d'intelligence,
« Rien ne troubleroit plus nos innocents plaisirs ,
« Et l'on voudroit en vain contraindre nos désirs.
« Cependant, comme il est l'espion de Dorante,
« Que nous craignons ses yeux et sa langue piquante,
« Qu'à nous garder de lui nous travaillons toi^onrs, .