‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 199 sur 465 · ACTE I, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIL

« Il empoisonne seul le bonhenr de nos jours. »

BUBOIS.

Et moi, je me disois : « Se peut-il que Justine , « Que l'on vante par-tout et que l'on croit si fine , « Juge assez mal des gens pour ne pas présumer « Qu un homme tel que moi ne doit point l'alarmer? « Que mes soins , mes emplois , ma longue eipérience, « M ont acquis dans le monde assez de connoissance «^Pour m'avoir. convaincu qu'il faut fermer les yeux « Et tirer le rideau sur ce qu'on voit le mieux j « Suivtout lorsqu'il s'agit de la paix d'un ménage,

* Qu'on trouble sans retour^'par le plus foible ombrage? »

JUSTINE

* Il faut que je lui parle à ce monsieur Dubois ,

« Et que je sache , au moins , s'il entend le françois « Ai-je dit. Il se plaint qu'il demeure inutile, « Qu'il meurt dans le loisir d'une charge stérile. « L'emploi de secrétaire est mince chez monsieur; « Il ne tiendra qu'à lui d'en avoir un meilleur. • <« Je l'en revêtirai; j'en réponds sur mon ame :

* Il gagnera bien plus à l'être de madame. »

« C'en est trop, ai-je dit, changeons notre destin:

* Allons trouver Justine ; expliquons-nous enfin. « Faisons-lui concevoir qu'un homme de ma sorte

« Sent toujours vers le bien une ardeur qui Temporte; fc Que pour en acquérir et pour la contenter, •• Il n'est aucun emploi qu'il ne veuille accepter; « Qu'en me formant le ciel m'inspira cette envie, - Qui ne peut de mon coeur soi*tir qu'avec la vie. »•

3oo LE JALOUX DÉSABUSÉ.

JUSTINE

Aiûsi , sans le savoir, nous nous entreteaious?

OITBPIS.

Et voyez cependant coament bous raisotmions.

JUSTINE

On œ peut pas plus j.aste ; et notre intelligence Me donn» désormais une entière esfiérajice. Parie; car entre nous il n'est pliuf de façon». Monsieur soupçonne-t-U ce que nous ini brassons? Est-il content de moi^ de sa sœur, de sa femme? Car ttt n'ignores rien ^es secrets de son am£.

DUBOIS

Oui» toujours avec moi son cœur s'est épanché; Sur cet .article seul il s*est encor C9fhé : Je ne sais rien.

JUSTINE

Bon! boni

DUBOIS

Non y la peste me toe ! De quelqoes soins poortant son ame est oombattue; Car depuis quelques jours il fait de grands soupirs , Et semble avoir perdu son goût pour les plaisirs. Mais si le mal qu'il sent redouble ses atteintes , Il uie viendra i>ientôt faire entendre ses plaintes : Je n'en saurois douter.

JUSTINS

C'est là que je l'altends; Et , pour t'instraire à fond de ce que je prétends, Il faut que, dès l'insliant, sans aucun artifiee, De tout votre entretien ton rapport m'éclaircisse;

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