‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 2 sur 465 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

TIMANTE, CfilSVl^, en grand deuil.

CRISPIN

Par ma foi , nous voilà plaisamment équipés , Ndrs du bas jusqu'en haut, et des mieux encrépés. Seriez-vous bien parent d'un... faut-il que j'achève? Là, d*un de ces messieurs que l'on ronoit en Grève , Le jour qu'il vous a plu de partir de Paris?

Maraud!

^ CRISPIN

A dire vrai, monsieur, je suis surpris. Votre père , votre oncle , enfin tout le lignage Regorge de santé , rien ne meurt , dont j'enrage ; Pas un neveu , pas même un arrière-coiisin; Et le grand deuil vous plait à porter? TiMANTB, riant.

Oui, Grispin.

CRISPIN

Vous riez? Cet habit peut donner de la joie , Quand une tête à bas laisse force monnoie ;

s L% DEUIL.

Bon, pour lors : mais, à moins d'une mort de profit ,

L'équipage est lugubre, et me choque l'esprit.

TIMANTE

Eu d'autres cas encore il peut réjouir l'ame.

CRISPIN

D'accord , quand un mari fait enterrer sa femme.

Comme, en se mariant, on se met en danger

D'avoir, pendant ce noQud, tout le temps d'enrager.

Je crois que pour guérir cette sorte de rage ,

Il n'est rien de meilleur qu'un prompt et doux veuvage.

Mais sans moraliser, monsieur, venons au point.

Nous arrivons à Sens, oà vous n'arrêtez point;

Vous poussez jusqu'au lieu de votre métairie.

D'abord vous descendez dans une hétellerj*;

Vous y prenez le deuil , vous m'en équipez, moi ,

Qui ne pleure personne, et qui ne sais pourquoi.

Si j'ose demander k quoi tend ce mystère ,

Vous riez, vous chantez, et vous me faites taire;

Et , sans m'expliquer rien , toujours la joie au oosar.

Vous entrez dans la cour de votre receveur.

Ce noir déguisement cache au moins quelque chose;

Pour la dernière fois , j'en demande la cause.

( Titnante sourit. ) Allez-vous rire encor? Bonsoir, je n'e« suis plus.

tlMANTfe. ^

Cet habit me vaudra plus de deux mille écus.

CRISPIN

Deux mille écus?

TIMAMTB.

Oui.

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