ACTE I, 8GÈNE VII. 3oi
Que ce qn'U aura dit je l'apprenne de toi.
DUBOIS
Mais ne saurois-je pas ponrqaoi cela?
JCSTINE.
Pourquoi?
Pour choisir là-dessus la route qu'il faut prendre. Dans le dessein d'unir Julie avec Clitandre, Et d'obtenir l'aveu de Dorante.
DUBOIS
Vraiment , Si tu croîs les unir par son cSnsentement , Tu t'abuses; jamais il n'y voudra souscrire.
JUSTINE
Promets-moi seulement de te laisser conduire; Le reste me regarde.. . Adieu. . . Mais , à propos , Il est bon de te dire encore quatre mots. Clitandre au poids de l'or veut payer tes paroles. Et les taxe, dit-il, à quatre cents pistoles.
C'est parler comme il faut.
JUSTINE
Sur ce pied-là , je croi Que, sans trop me flatter, je puis compter sur toi?...
( lui présentant sa main. ) Touche là : jure-moi que tu seras fidèle. nv fois, lui touchant la main.
Oui, ma foi! Tu peux tout attendre de mon zèle.
JUSTINE
Va donc. De ton secours puissions-nous profiter!... Toutefois, sans frayeur je ne puis te quitter;
3o3 LE JALOUX DÉSABUSÉ.
Je crois voir sur ton front, quand je le considère.
D'un hardi scélérat le parfait caractère.
Doit-on croire aux serments d'un homme de palais?
DUBOIS
Oui, quand ce qu'il promet flatte ses intérêts.