ACTE II, SCÈNE III. 3ii
DORANTE, àpart.
Il faut lai cacher mou chaçrin...
{àCélie.) Vous vous êtes levée aujourd'hui bien matin ?
CÉLIE
Un moment après vous je me suis éveillée. Et, dans le même temps, je me suis habillée.
DCVRANTB.
Allez-vous sortir?
CÉliIE.
Non.
DORANTE
Voudriez-votts souffrir Que mon cœur à vos yeux ose se découvrir. Que tous mes sentiments puissent ici paraître?
CÉLIE
En ponvez-vous douter? N'ètes-vous pas le maître?
DORANTE
Pendant notre entretien, souvenez^ vous au moins. Que vous êtes l'objet de mes plus tendres soins, Que sans cesse pour vous je soupire et je brûle.
CÉLIE, àpart.
Quelle sera la fin d'un pareil préambule?
DORANTE
Non , il n'est point d époux qui, jusques à ce jour, Ait senti pour sa femme un si parfait amour.
CÉLIE
Je le crois. Je vous suis tout-à-fait obligée.
DORANTE
Mais plus dans cet amour mon ame est engagée.
3i2 LE JALOUX DÉSABUSÉ.
Plos elle est exposée à des troables secrets. Quelquefois jon se livre à d éternels regrets, Lorsque, altérant la paix d'un heureux mariage,
{àpart.) On permet... Que je joue on triste personnage !
CÉLIE
En vérité , monsieur, je ne vous entends point.
DOaANTE.
Les gens les plus sensés s'abusent sur ce point. On se laisse, à la fin, séduire à l'apparence, Jusques à condamner la plus pure innocence. Ainsi , lorsqu'une femme a soin de son honneur. C'est peu que sa vertn réponde de sou coçur, Elle agit an-dehors avec tant de sagesse Qu'elle n'y montre rien dont le public se blesse; Et, toujours attentive à ces soins importants, Brave la calomnie et les discours du temps.
céLi£.
Avec tous ces détours que voulez-vous me dire?
DORANTE
Ce qu'un ardent amour me découvre et m'inspire.
Vous êtes fort aimable, et je vois chaque jour
Mille gens empressés à vous faire la cour
Ils ne vous quittent point; et leur galanterie ,
Puisqu'il faut m'expliquer, passe la raillerie.
Toutes les* libertés qu'ils prennent avec vous
Marquent...
ce LIE, Cinterrompant , en riùnU Qu'il vous sied mal de faire le jaloux !