‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 208 sur 465 · ACTE II, SCÈNE III. 3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. 3i

OOBANTC.

Comment?

CÉLIB» riant Vous n'avez pas de grâce à le paroi tre. DORANTE, au désespoir.

Quoi! vous ne croyez pas...

c s L I B , ^interrompant, en riant.

Non; cela ne peut être.

DORANTE

Mais, je vous dis pourtant la pure vérité.

CE LIE, riant toujours.

Vous avez trop de sens; j'ai trop peu de beauté.

DORANTE

Je ne ra'attendois pas à la plaisanterie. Morbleu ! c en est assez pour me mettre en furie. Madame, on ne rit point sur un pareil sujet.

cÉLi B, avec fierté f et en colore.

Ah ! c'est donc tout de bon?... Cependant, qu*ai-je fait? Qui cause , je vous prie , un soupçon qui m'offense? Voyons.

DORANTE

Ne sauriez-vous parier sans violence?

Car enfin mon dessein n'est pas de vous fâcher.

CÉLIB.

Maïs encor, qu'est-ce donc qu'on peut me reprocher?

DORANTE

Les assiduités d'Éraste , de Clitandre , De Cléon.

CÉLIE

A vous seul vous devez vous en prendre.

3i4 LE JALOUX DÉSABUSÉ.

Des trois les deux m'étôient tottt*à-fait inconnus ,

Et conduits par vous-même ils. sont ici venus.

DOUANTE. •

Il est vrai.

(ÏÉLIB.

Pour Clitandre; il «n vent à Jnlie; Et le sang dont le nœud Tun et Tautre nous lie Fait que dès le "berceau nous nous aimons tous deux.

doKante:

Le cousin le plus proche est le plus dangereux. En un mot, leurs discours , leurs soins, et leurs manières, Depuis un certain temps, ne me conviennent guères. Ils sont toujours céans , vont vous voir dans le lit. Est-ce , entre nous , madame , ainsi qu'on se conduit? Devrira-vous souffrir de semblables visites?

CELTE

Mais vous, pensei-vons bien à ce que vous me dites?

Ne vous souvient-il plus avec quelle chaleur

A d'autres sentiments vous disposiez mon cœiir.

Quand, dans les premiers jours de notre mariage,

Je n osois regarder vos amis an visage ,

Et que , |A)Ur éviter leur vue et leurs discours ,

Seule en mon cabinet je m'etfferrhois toujoiirs?...

« Madame ,. disiez- vous , vivez d'autre manière :

« Vous êtes trop farouche et trop particulière.

« Recevez autrement tous tes gens que je voi ,

« Et n effarouchez point ceux qui viennent chez moi.

H Rendez à mes amis ma maison agréable ,

M Ou le séjour pour moi n'en est plus supportable. -

Eu me parlant ainsi vous me les ameniez.

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