ACTE II, SCÈNE III. 3i
OOBANTC.
Comment?
CÉLIB» riant Vous n'avez pas de grâce à le paroi tre. DORANTE, au désespoir.
Quoi! vous ne croyez pas...
c s L I B , ^interrompant, en riant.
Non; cela ne peut être.
DORANTE
Mais, je vous dis pourtant la pure vérité.
CE LIE, riant toujours.
Vous avez trop de sens; j'ai trop peu de beauté.
DORANTE
Je ne ra'attendois pas à la plaisanterie. Morbleu ! c en est assez pour me mettre en furie. Madame, on ne rit point sur un pareil sujet.
cÉLi B, avec fierté f et en colore.
Ah ! c'est donc tout de bon?... Cependant, qu*ai-je fait? Qui cause , je vous prie , un soupçon qui m'offense? Voyons.
DORANTE
Ne sauriez-vous parier sans violence?
Car enfin mon dessein n'est pas de vous fâcher.
CÉLIB.
Maïs encor, qu'est-ce donc qu'on peut me reprocher?
DORANTE
Les assiduités d'Éraste , de Clitandre , De Cléon.
CÉLIE
A vous seul vous devez vous en prendre.
3i4 LE JALOUX DÉSABUSÉ.
Des trois les deux m'étôient tottt*à-fait inconnus ,
Et conduits par vous-même ils. sont ici venus.
DOUANTE. •
Il est vrai.
(ÏÉLIB.
Pour Clitandre; il «n vent à Jnlie; Et le sang dont le nœud Tun et Tautre nous lie Fait que dès le "berceau nous nous aimons tous deux.
doKante:
Le cousin le plus proche est le plus dangereux. En un mot, leurs discours , leurs soins, et leurs manières, Depuis un certain temps, ne me conviennent guères. Ils sont toujours céans , vont vous voir dans le lit. Est-ce , entre nous , madame , ainsi qu'on se conduit? Devrira-vous souffrir de semblables visites?
CELTE
Mais vous, pensei-vons bien à ce que vous me dites?
Ne vous souvient-il plus avec quelle chaleur
A d'autres sentiments vous disposiez mon cœiir.
Quand, dans les premiers jours de notre mariage,
Je n osois regarder vos amis an visage ,
Et que , |A)Ur éviter leur vue et leurs discours ,
Seule en mon cabinet je m'etfferrhois toujoiirs?...
« Madame ,. disiez- vous , vivez d'autre manière :
« Vous êtes trop farouche et trop particulière.
« Recevez autrement tous tes gens que je voi ,
« Et n effarouchez point ceux qui viennent chez moi.
H Rendez à mes amis ma maison agréable ,
M Ou le séjour pour moi n'en est plus supportable. -
Eu me parlant ainsi vous me les ameniez.