ACTE IV, SCÈNE VII
CBLIE.
Peat-OQ savoir l'objet dont votre ame est charmée?
ÉRASTE
Vous savez que c'est vous qui l'avez enflammée; Je vous Tai dit cent fois : faut-il le répéter?
CÉLIE
Fort bien ! Si mon mari pouvoit nous écouter, Paj: ce discours, peut-être, on pourroit le surprendre; Mais comme apparemment il ne peut nous entendre,' Ne vous en servez plus.
ÉRASTE
Eh quoi ! m'enviez-vous Le bien de vous jurer que je meurs de vos coups? Rien n'est plus vrai , madame.
CÉLIE
Encor ? Quittez ce style , Et ne prodiguez point un serment inutile.
ERASTE
c'est à le bien garder que je mets mon bonheur.
CELIE
Bon ! bon !
ÉRASTE
N'en doutez point, je vous ouvre mon cœur. J'aime , je vous adore , et je ne puis plus vivre , Accablé des tounnents où cet amour me livre.
CÉLIB.
Vous m'aimez donc , Éraste , et vous me le jurez? Quels fruits de cet amour avez-vous espérés?
ÉRASTE
L'honneur de vous servir, le bonheur de vous plaire.
CÉLIE
Ce ne sont qae des mots. L'amour veut nn salaire; Et, pnisqne vous m'aimez, vous en attendez on : Vous ét!es en cela du sentiment commun. Mais ne songezi^vons pas à quoi ma foi m'engage , Et combien votre espoir me déplaît et m'outrage?
iRÂSTB.
Biâdame...
ce LIE, Cinierrompant.
J'avouerai ({ue l'exemple est pour vous , Et qu'on a peu d'égards pour les droits des époux. Cependant, par malheur, je' ne suis point la mode , Et crois devoir garder toute une autte méthode.
BRASTR.
Quoi ! vous pouvez penser ?. . . *
ciLlB, Cinterrompant. '
Je ne m'étonne pas Que des femmes du monde on fasse peu de cas. Leur conduite est peu propre à s'attirer l'estime : Le mépris , au contraire , est Son prix légitime ; Et s'il en est beaucoup, et sur-tout dans Paris, Que l'on juge en effet dignes de ce mépris , Myez persuadé qu'il est aussi des femmes Qui des folles ardeurs savent garder lettrs ameS , Po8séd«^ la vertu telle qu'ott doit lavoir, Et vivre dans le monde en Ciisant leur devoir.
BRAStB.
Mais permettez , du moins...
CELIE, tihUrrompanU
Qtae pouvez-vous me dire ?