ACTE IV, SCÈNE VI. 35i
M'a fait sentir pour elle un amour véritable. Ses trompeuses fiaiveun , ses regards m ont séduit.
JUSTIME.
Certes , je plains l'état où vous êtes réduit !
' BaASTB.
Je n'ai pu résister à la douce espérance D'obtenir un bonheur dont j'avois Tapparenoe : Mais plus je m'enflammois , plus j'étois drooa^iect ; Et l'amour a produit la crainte et le respect. Ne t'étonne donc plus si tu me vois confondre Par ces fausses bontés où je n'ose répondre , Par ces regards flatteurs qui ne sont pas pour moi. Qui me percent le cœur lorsque je les reçoi. Veux-tu qu'à badiner un malheureux s'applique?
JUSTINE
Bla foi! je n'en suis plus; ceci devient tragique.
BRASTE.
Justine , c'est à toi d'avoir soin de mon sort.
JUSTINE
A moi, monsieur?
ÉRASTE
Tu peux , par un heureux effort , Soulager mes tourments, prévenir ta maîtresse , Et me faire sentir l'effet de ton adresse.
JUSTINE
Vous nous connoissez mal , et ma maîtresse et moi. Je ne puis auprès d'elle accepter cet emploi. Vous êtes étonné de voir qu'une suivante Refuse un gain certain que le sort lui présente , Et puisse résister k la teutation?
35a LE JALOUX DÉSABUSÉ.
Mais je suis wti phéoiz dans ma profession :
Outre que, me chargeant d'qtie telle wnbassade,
Je pourrois m'attirer quelque brusque incartade;
Çélie est un dragon quand elle est en courroux^
Je ne vous trompe point, monsieur: m'en croirez- vous?
Épai^ez-vous le soin d'une poursuite vaine;
Modérez les transports dont l'ardeur vous entraine :
Cachez-les à Célie; ou si, sans m'écouter.
Vous êtes résolu de les faire éclater.
Sans employei- personne expliquez-vous vonsrméme.
Qu'est-il besoin d*un tiers pour déclaivr qu'on akne ?
Pour ne dire qu'un mot fkut-il tant de façons?
Vous êtes assez grand pour conter vos raisons.
D'un oœor bien enflammé l'éloquence est toocfaante...
Je vois Célie. Adieu : je suis votre servante.
{Elle soH,)