ACTE V, SCÈNE II. SSg
DORANTE
Est-il encore ici?
CHAMPAGNE
Pouvez^vous en donter?
Nous sommes loin de l'heure où le coq doit chanter. On songera peut-être alors à la retraite : Supposé que du jeu la reprise soit faite, Et que quelqu'un piqué n'aille pas s'aviser D'en demander une autre et de la proposer; Ou bien que, de concert, la compagnie entière Ne veuille pas à fond traiter quelque matière; Ou que , de conte en conte , égayant leurs propos , Répétant des chansons , des vers et des bons mots , Et lançant à l'envi les traits de la satire , Us ne se livrent pas au plaisir de médire. Enfin, depuis deux ans que , sans manquer un jour. Nous venons tous les soirs faire ici notre cour, Je n'ai pas une fois vu décamper mon maître , Sans voir en même temps le point du jour paroitre.
noRAJtrEy à part.
AU ! quelle étrange vie !
CHAMPAGNE
Aussi c'est trop souffrir.
A force de veiller, je suis prêt à mourir. Mon maître dort le jour, et moi je cours la ville. Pour sommeiller un peu je cherchois un asile , Quand je vous ai trouvé, monsieur, da;is ce salon. Le bnût qu'on fait là-bas ébranle la maison. Loin de tout ce fracas, dans une bonne chaise. Je venois en ces lieux dormir tout à mon aise.
36o LE JALOUX DÉSABUSÉ.
Pardonnez-moi, monsieur, de vous avoir troublé»
• DORANTE, â^^art.
Je n'y puis plus tenir; je suis trop accablé... Poar sortir d'embarras déméions quelque route , Et calmons-nous enfin , quelque prix qu'il en coule. L'on ne résiste point à des tourmente psreils... Allons chercher Dubois , et suivons «es conseils. Risquons tout pour trouver une fin k ma peine.
{Iltort.)