‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 269 sur 465 · ACTE II, SCÈNIÇ VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNIÇ VII

• ONiFACfe.

Non , monsieur. Au contraire , Je serois bien fâché que l'on ne mourdt pas ; Je ne puis être henveux qu'à force de trépas. Mais, monsieur Jusqu'ici les Hllets nécessaires Pour inviter le monde aux convois mortuaires, Ont été si mal faits qn'on sonffroit à les voir; Et pour le bien public j*ai tAché d'y pourvoir. J'ai fait graver «iq>rè8, avec des aoins extrêmes , De petits ornements de devises, d'emUènas, Pour égayer la vue , et servir d'agréments Aux billets destinés pour les enterrements. Vous jugez bien, i&onsiettr, qu'embdlis de la sorte Us feront plus d'honneur à la personne morte; Et que les curieux, amateurs des beanx-àrts» Au convoi de son corps viendront de tontes parts. A l'égard des vivants , dont l'orgueil est si vaste Qu'en escortant le mort Us demandent du faste , Tout le long d'une rue ils seront trop heureux De traîner à leur suite un cortège nombreux.

CBCILB.

Cet avis est fort beau.

ORONTE

Mais, Bur^tout, fart utile.

BONIFACB.

Je vendrai ces billets trois louis d'or le mille ; Et si laiiuée est bonne, et fertile en trépas, ie crois gagner assez pour ne me plaindre pas. ha grâce que j'espère , et qui m'est importante , C'est uu peu de secoues d'une plume savante;

44 LE MERCUAE GALANT.

Et la vôtre aajourdlitti par sou invention

Met ce que bon loi semble en réputation.

Pour être dans le monde illustre à juste titre ,

Il faut dans le Afercurv occuper on chapitre.

Vous dispensez la gloire. Et si votre bonté

Vouloit de mes billets montrer Futilité,

Il vaudroit mieux, monsieur, dans le premier Mercure

Retrancher ({uelque fable ou bien quelque aventure,

Et dans on long article avertir les défunts

De ne plus se servir de billets si conmiuns ;

Leur bien représenter qu'il y va de leur gloire.

Qu'on revit dans les miens mieux que dans une histoire;

Le prouver par raisons; et leur faire espérer

Qu'ils auront du plaisir à se faire enterrer.

Vous voyez bien, monsieur, que rien n'est plus facUe.

ORONTB-

Je vous Tai déjà dit , cet avis est utile. Pour le faire valoir je n'épargnerai rien. Dites-moi votre nom.

BONIFACE

Boniface Chrétien, Depuis plus de vingt ans imprimeur et libraire; Et je tiens ma boutique auprès de Saint-Hilaire. Vous en sonviendrez-vous, monsieur?

oaoNTB.

Assurément.

BONIFACE

Votre temps vous est cher jusqu'au moindre moment. Le public est lésé quand on vous importune. Adieu; ménagez-moi ma petite fortune :

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