ACTE ni, SCÈNE VI
Un succès plus heureux devoit suivre vos soins. Le second mois, sans doute, alla bien?
DU MBSNIL. '
Encor moins.
Pour me manifester, tant aux pauvres qu'aux riches , Ces deux mois époulés j'eus recours aux affiches ; Et par ttins les endroits où j'étois affiché. Je Toyoift eu passant force meod&attaché : J'en conçus de la joie; et , la chose étaut sue, Je me tins assuré d'en avoiriHitfne issue, Et crus que ma maison ciévesoit d'éeoliers; Mais le troisième mois eut le sort des premiers : Pas une anke^ne'vint. Je disèis à Âoi-méme, En songeant quelquefois à mon malheur extrême : « Tous les g8ii9 de commerce ont affaire à Aouen , m A Baffeuxy à Falaise , à Dieppe, au Hâvve , à Caen ; «i Peu de gens ont affaire à Florence, à Venise; » Et c'est par conséquent une grande sottise « D'ignorer le nomand et de savoir si bien « L'«xtravagnnt jai^foo qu'on nomme italien. « L'un est infructueux, et l'aotre fort utile. >• Comme on a Tais l'espoir une pente facile , Je me flattois alors, et même avec excès, • Qu'à la fin mon dessein auroittan grand succès. Je faisois afficher de nouveau rmais ma peine Pendant q«al^rw mois a toujours été vaine; Et quoi qne e«tte iangne ait de particulier,' Je n'ai pas eu l'hoimeur d'avoir un écolier. Le croiries-vous?
OBONTE.
Moi? non : ceU n'est pas croyable.
« DU MBSRIL.
Rien n'est plus vrai pourtant , ou je me donne au diable.
Pas un seul n*a paru pendant quatorze mois :
Tant il est vrai qu'en France on fait peu de bons cboix.
OHONTE.
Et que puis-je pour vous en semblable occurrence ,
Monsieur?
DU MESNIL
Réprimander la noblesse de France, Qui parle italien, espagnol, allemand.
Et qui ne peut parler le langage normand; Qui sait parfaitement deux ou trois langues mortes. Et qui n'en sait pas une usitée à ses portes; Qui, sans avoir dessein d'aller jamais fort loin. Des pays étranger» apprend le baragouin; Et qai par une erreur que le bon sens condamne. Aime mieux Signor si que voire ou dieu me damne. Vous voyez cependant quelle comparaison ?
OROUTE.
' Il est vrai, je vois bien que vous avez raison. Mais comme à ce dessein la fortune s'oppose. Je vous conseillerojs de tenter autre chose: Quand on veut se tirer d'un fâcheux embarras. Il est bon qu'avec elle on ne s'obstine pas. Croyez-moi, faites choix de quelque autre exercice.
DU MESMIL.
Non, monsieur, tôt ou tard on me rendra justice. De quoi que l'on se mêle, en un même quartier