DU MESNIL, ORONTE
DU MBSNI€.
Monsieur, je suis perdu, si je n'ai votre appui.
ORtONTK.
Qu'est-ce, monsieur? parlejD: quel sujet vous oblige...
nu MBSMII..
Si je n'ai votre !appui , je suis perdu , vous dis-je.
ORONTE
Vous est-il arrive quelque accident fâcheux?
ou MBSniL.
Il n'est point'sous le ciel d'homme plus malheureux.
ORÔNTB.
Avez-vous sur les bras quelque méchante affaire? Êtes-vous assassin, empoisonneur, faussaire? Êtes- vous poursuivi desufdievs?
DU MSSNIL.
Moi , monsieur?
Ai-je l'air d*an faussaire ou d'un empoisonneur?
OnONTE.
Vous a-t-on dérobé quelque somme un peu forte?
DU MESNIL
Non f monsieur.
N'est-ce point que votre femme est morte?
DU MESNIL
Eh ! si c étoit cela , serois-je malheureux?
ORONTE
^Dites donc quel obstacle est contraire à vos vœux. J'écoute, mais sar-tout point de longue harangue.
DU MESNIL
Force gens à Paris enseignent quelque langue.
Celui-là l'espagnol, celui-ci le latin;
Kt , sans autre secours , ils subsistent enfin.
J'en connois deux ou trois tellement à leur aise.
Que depuis quelque temps ils ne vont plus qu'en chaise :
Et cherchant un emploi que l'on ne pût m'ôter.
Je crus pour m'enrichir les devoir imiter.
Je pris dans un faubourg une maison fort grande ,
Et mis un écriteau pour la langue normande;
M'ofFrant de l'enseigner avec affection
A qui voudroit l'apprendre en sa perfection.
Pendant le premier mois il ne me vint personne.
ORONTB.
Quoi ! pas un écolier?
DU MisniL.
Pas un.
Je m'en étonne :