ORONTE, DU PONT
DU PONT
Qae n*ai-je le bonhenr d'être connu de vous , Monsieur! Voos n'auriez pas attendu ma prière Pour célébrer mon nom et le mettre eu lumière.
ORONTE
Le mérite me charme, et, pour le publier,
Je n'attends point, monsieur, qu'on m'en vienne prier.
C'est de tous les plaisirs le plus grand que je goûte.
DU PONT
Publiez donc le mien. Je guéris de la goutte.
ORONTE
De la goutte ! Ah ! monsieur, l'admirable secret ! Est-il sûr?
DU PONT
En six mois j'en ai guéri dix^-sept.
ORONTE
Que TOUS allez jouir d'une haute fortune !
Ce ne sont point des gueux qae ce mal importune.
Je sais un prince , un duc , un comte et deux marquis
Qui donneroient beaucoup pour en être guéris.
A quoi, mon cher monsieur, puis-je tous être utile?
DU PONT
.A répandre mon nom à la cour, à la ville. Faute d'être connu, je perds des millions.
^o LE MERCURE GALANT.
Publiez qui je sais. Publiez..,
OBOITTE.
Publions, J'y consens. Mais, monsieur, la moindre de vos cures Doit plus faire de bruit que cinquante Mercures; Et tant d'hommes guéris parlent si haut pour vous.. .
DU pout.
Si j'étois plus heureux , ils en parleraient tons, H est vrai : mais , monsieur, quelque soin que je prenne , Un destin envieux empoisonne ma peine.
Tous ceux que je guéris, la mort les prend.
OROHTE.
Tant pis.
DU PONT
Ce n'est pas , grâce an ciel, qu'ils ne soient bien guéris : Biais lorsqu'en bon état j'ai mis une personne. Je ne puis empêcher que le ciel n'en- ordonne. Quand il lui plaît qu'on meure , il faut que œla soit; J'en ai vu de mes yeux la preuve sur dix-sept : ils se portoient fort bien qnafid ils sont morts^
ORONTE
Je jure Que j'aurai du plaisir à vous mettre an Mercure. Un homme comme vous est assez singulier. Pour ne pas avoir peur qu'on le puisse oublier. Votre gloire ira loin , je n'en fais ancmi doute.
DU PONT
Puissiez-vous quelque jour avoir gravelle ou goutte 1 Vous seriez par mes soins, mon zèle et mes travaux, En quatre jours au plus , guéri de tous vos maux.