‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 311 sur 465 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Autrefois dans Athène un fameux orateur. Zélé pour la cause publique,

Craignant pour sa patrie un extrême malheur. Mit en œuvre sa rhétorique; £t pour émouvoir l'auditeur Fit un discours fort pathétique.

Mais le peuple qui l'écoutoit.

Immobile comme une souche,

Ne fut non plus touché de ce qu'il débitoit

Que s'il n'eût pas ouvert la bouche.

Chagrin du peu de progrès Que faisoit son éloquence :

L'Anguille, ajouta-t-il, THirondelle, et Gérés, Firent un jour connoissance.

En voyageant toutes trois ,

Un fleuve impétueux s'oppose à leur passage;

L'Hirondelle en volant et l'Anguille à la nage

Le passèrent sans peine, et l'anroient fait vingt fois.

Et Cérès? dit le peuple en élevant sa voix:

Vous avez fait passer l'Anguille et l'Hirondelle;

Monsieur le philosophe, en vous remerciant. Mais Cérès que devint-elle?

Dit encore une fois le peuple impatient.

io8 LB POUVOIR DES FABLES. PROLOGUE.

Mesneun, dît Tontear^ yods deasilla ma vue; Je me suis abuM jusque* à ce moment :

La vérité toote nue

N'a pas ancs d* enjoœment ;

Une fable l'insinne

Bien pins agiéablement.

Messienn les aoditean, qui par votre safiiage

Rendez bon on mauvais le destin d'un onvfage ,

Celui qui va paroitie est d'un genre nouveau :

S'il vous blesse, il est laid ; s'il vous plaît, il est beau.

Ésope, si connu par ses savantes fables.

Fut jadis condamné par des juges coupables;

Mais ceux qui de son sort décident aujourd'hui

Ont trop d'intégrité pour s'armer contré loi.

Il ne vous dira point de ces quolibets fedes ,

Qui ne sont de bons mets que pour des goûts malades.

Par les fables qu'il cite en différents endroits

Il se montre à vos yeux tel qu'il fiit autrefois.

Pesez-en le mérite en juges équitables:

Vous le méconnoitriez, s'il ne disoit des fables ;

Et vous auriez dans l'ame un sensible dépit

De le voir par sa bosse , et non par son esprit.

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