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Mais soixante ans...
MABIM.
Ma foi , à n*en point mentir, je crois que vous en avez, pour le moins, douze ou quatorze de plus: car je me souviens que l'autre jour le bon homme Pyrante, buvant avec vaus le petit coup, disoit qu'il en avoit soixante et six ; que vous étiez en philosophie, qu'il n'étoit encore qu'en cinquième ; et qu'à la tragédie du collège , il jouoit le cupidon , quand vous représentiez l'empereur.
LISIDOR.
Il ne sait ce qu'il dit là - dessus ; il est de ces gens qui se veulent faire plus vieux qu'ils ne sont.
MARIN
Laissons l'âge à part ; aussi bien , comme on dit, il n'estque pour les chevaux , monsieur: mais parlons un peu de votre mariage. Croyez - yous
64 CAISPIN MÉDECIN,
que monsieur Miroboian et qneFéliaiite sa femme vous accordent leur fille , n'ayant que cet enfantlà? Quand on n*a qu une fille unique, et qu'on la marie, c'est dans Fespérance de Toir naître de petits poupons : mais , à ne rien dë(];uiser, si Vous r^ouset, ils courent {jrand risque de n'avoir jamais cette joie, à moins que la couf des aides... Vous m'entendez.
lisidOr'.
Ce n*est pas là ton affaire , et je sais bien ce que je fais : quand elle sera ma femme, nous ferons tout ce qu'il faudra faire.
M/kBIH.
Ma foi, je doute qu elle le soit jamais.
LISIDOA.
Et moi, j'eft suis fort assure. Mirobolan est un homme de parole; il me Ta promise de lui à moi.
MARfn.
C'est quelque chose que cela ; mais vous savez que Félianteest une maîtresse femme; et, si je ne me trompe, elle a la mine de porter le hant-dcchausses.
LISIDOR.
Je sais qu'elle est un peu fière ; mais leâ avantagés que je ferai à sa fille adouciront cette fierté ; et puis un mari est toujours le maître de sa femme.