‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 333 sur 465 · LES MEMBRES ET L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

LES MEMBRES ET L'ESTOMAC

' FABLE

Les petits sont snjets à des fautes extrêmes.

Un jonr les membres, las de nonrrir l'estomac.

Dirent que tont leur gain alloit dans ce bissac;

Et croyant se venger se puniront enz-mémes : « Qu'il travaille , s*ii vent manger. »

Chacun à son devoir ne vent plus se ranger;

Les pieds cessent d'aller, les mains cessent de prendre;

Et lorsque l'estomac voulut les avertir

Qu'ils se répentiroient de le laisser pâtir»

Aucun d'eux ne voulut l'entendre.

Pendant que l'on s'applaudissoit D'avoir fîiit un si beau divorce.

Plus l'estomac s'afïbiblissoit.

Moins les membres avoient de force.

Enfin quand de gronder les membres furent las, Voulant prendre un air moins fiirooche.

Les pieds ne purent ftdre un pas,

Ni les débiles mains aller jusqu'à la bouche;

Et manque de secours l'estomac rétréci

Étant mort par leur laute, ils monmrent aussi

A peser comme il £iut le sens de cette feble , De bonne foi, la {Mainte est-elle raisonnable? En donnant de vos biens une légère part,

i42 LES FABLES D'ÉSOPE.

Le reste en sûreté ne court aucnn hasard.

Vous jonissea sans pevr dé vos fertiles terres ;

Elles sont à Tabri dn ravage des guerres ,

Et vos riches troupeaus paissent dans vos guérets.

Comme si l'on étoit dans une pleine paix.

La guerre en quatre jours, au pied de vos nmnûlleS)

Feroit plna de dégât que oinq^nte ans de taUlee;

Et de votre jfepos vos ennemis jaloux.

S'ils ne l'avoient ohez eux, l'apporteioient chez .vous.

Comme un bon estomac , Ciêsns avec usnie

Sur le corps tont entier répand sa nourriture.

Et des membres divers infatiguble appui,

Il travaille pour eux plus qu'ils ne font pour lui.

A redoubler vos soins ces liaisons vocs invitent.

Plus l'estomac est bon, plus les membres profitent :

Quand il a de la force , ils sont forts, agissants;

Et quand il est débile, ils sont tous Ungoissants.

C'est une vérité qu'on ne peut mettre en doute.

PRBMIBa VIEIIiLAKOt.

On est plus que content, pour peu qu'on vona éomite.

Heureux qui tous les jouis a le bien de vous voir!

En se divertissant on apprend sou deVoir :

Ce que par l'estomac nous presorit voCie fable

Est de tous les devoirs le plus indiapensabW.

Adieu. Puissiest«VQMs vivre encove na siésle, an mcte!

SECOND VIEILLARD

Et puissions-nous tous deux ea être les témoins ! Du meilleur de mon cœnr je fais cette prièie.

éaaps. Oh ! je n'en doute point, et je vous crois sincère.

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