DEUX VIEILLARDS, ÉSOPE
PREMIER YIBILLAED.
Monseigneiir...
Tout (l'abord j'interromps cette phrase : I^e mot de monseigneur demande trop d'emphase ; Pour gens fiûts comme moi je l'abroge.
SECOND VIEILLARD
Monsieur, Notre ville demande un autre gouTemenr.
ESOPE
Et la raison?
PREMIER YIEItLARD.
Le nôtre est devenu trop riche.
On ne peut tant gagner à moins que l'on ne triche. Quand il vint s'établir dans son gouvernement. Il avoit pour cortège un lacpiais seulement. Et pour tout équipage une méchante rosse : Maintenant six chevaux font rouler son carrosse. Il serre le bouton quand on s'adresse à lui.
ESOPE
Passons. Tous ses pareUs font de même aujourd'hui. Menace-t*il, bat^il, sans relâche ni trêve?
SECOND VIEILLARD
Non , monsieut; mais . . .
t4o LES FABLES lyÉSOPE.
ESOPE
QiMri'niaM.
SECOND VIBILLARn.
Il est ai ff«s qa'il crève.
A s'engraisser encore il applique ses soins.
Un antre qni viendra s'engraissera-t-il qmmm?
Ponr conrir à la proie il est le pins alégre :
Bien n'infomode tant ^ «n n»nwc»ii seigneur maigre ;
A chai^ue heore du jonr vont l'aves sor l«i bcnr:
Il le faut engraisser, et le vàtre ««t toni fgn»;
Et cest pour le public une ehose woins aigre
D'entfetenir on gras que d'engraisser un maigre.
Qu avez-vow à. rendre k cela?
SBCOHD VIBILLARD.
Nous , monaiewr?
Que nous ne voulons pkw de nouv4sa« gouverneur ; Fût-il encor pins gns , wmB gardionNis |e nôtre.
PREMiRR Vlftil'bARD.
Monsieur, à cette gmos-ajontékoen one antre Le peuple pour son prince Mt^toul tèle , tout feu; Obtenez de Ciésns ^u'il s'en souvienne un peu : Plus il est élevé sur les «atffes moaaiqoes , Et plus de SA bonté i|0«à^ attendons de mai^Mi. Auprès d'un si grand roi prenez nos intérêts.
Ésor E.
Voici pour vous répondre un apolog«e exprès.