ACTE II, SCÈNE VL i
A votre aiie : demain , si ce nest anjonidlitii. Preiies-«ii une... là... qui soit bien mon afEure , Qni rapporte beaucoup, et qui ne coûte guère.
ESOPE
Quelle charge à la cour vous est propre?
PIERROT
Ehlmordié!
Qu'importe? Connétable , ou bien valet de pied. Vingt francs plus , vingt francs moins , que rien ne vous empêche. Je ne sais ce que c'est que de faire le bléche. Qui dira le contraire en a, mordié , menti; Et voilà , palsandië , comme je suis bâti.
ÉSOPE
Eh ! moufîenr le manant , apprenesK-moi, de grâce, Puisque vous êtes bien, pourquoi changer de place? Pourquoi vous transplanter et sortir de ces lieux?
PIERROT
Pardié ! si je suis bien , c'est pour être encor mieux.
ÉSOPE
Fort bien : c'est raisonner, et j'aime qu'on raisonne. Voyons si dans le fond votre raison est bonne. Vous dites que chez vous rien ne vous manque?
PIERROT
Non.
ÉSOPX.
Vous avez de bon vin?
PIERROT
Oui, testidië ! fort bon.
J'en trinque.
i46 LES FABLES D'ÉSOPE.
Vous tnangez sans nulle défiance.
Sans dancon héritier craindre Tinipatience?
PIERROT
Ooi, pardié!
isoPE.
Voos dormez, sans trouble et sans effroi. Tant qa'û vous plaît?
PIBRROt..
Mordié ! je dors comme je boi , Tout mon soAl.
isopB. Vous aves quelques amis sincères?
ptERRor.
Je le sommes tretous , je vivons comme frères : Quand l'un peut servir l'autre, il n'y mauque jamais; Et si j'avons du bien , je le mangeons en paix. Les fêtes, souÀ l'ormeau f allons jouer aux quilles , Ou bien j'allons sur Tberbe avec les jeunes filles; Et je batifeloiii tant que dure le jour.
ésopfe.
Et tu veux Acheter une charge i la cour? Où peux-tu rencontrer une plus douce vie? Tu manges, bois, et dors, quand il t'en prend envie; Et je sais force gens de grande qualité Qui n'ont pas à la cour la même liberté. Il n'est point là d'amis dont on ne se défie ; On n'y boit point de vin que l'on ne|falsifie; Quelque pressant besoin qu'on ait d'être repu. On n'y sauroit manger sans être interrompu ;