‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 336 sur 465 · LES DEUX RATS · texte numérisé non relu

LES DEUX RATS

FABLE

Un rat de cour, on si tu veuf de viU^, Voulant profiter du beim temps, S'échappa du cellier qui lui servoit d'asile , Et fut se promener aux champs.

Comme il respire l'air dans nn sombre bocage , Il rencontre un rat de village :

D'abord braj dessus, bras dessous; Après s'être bien dit « Serviteur... Hai» le vôtre , »

Le rat campagnard pria l'autre D'aller se rafcdichir daus quelqntm de sas trous. Là, le villageois le régale De raisins» de pommes » de noîx; Mais, quoi que son sèle étale, Rien ne touche le boujugeois; £1 pour un rat d un tel poids Cette vie est trop irugale.

« Venez-vous-en , dit-il , me voir à voira tour : « Je veux avoir ma levancke, « Et vous régaler dimanche; m Je loge en tel endroit, procVen^ tel canefaur. »

i48 LES FABLES D'ÉSOPE.

Le sobre rat des champs , qni da bout d'une rave Dlnoit assez souvent , et ne dtnoit pas mal , Trouve l'antre dans la cave D'un gros fermier général.

Huile, beurre, jambon, petit salé, fromage.

Tout y regorge de bien ; Et ce ^i pour le maître est un grand avantage. Gela ne coûte guère , ou , pour mieux dire, rien. Nos deux rats, étant à même, Âvoient de quoi se soûler :

Ilfais un diat, par malheur, s'étant mis à miauler. Us se crurent tous deux dans un danger extrême. Le péril étant passé, Ils revinrent à leur proie ; Biais leur repas i peine étoit recommencé

Qu'on revient troubler leur joie:

Tantôt c'est un sommelier Qui vent boire bouteille avec ses camarades. Et tantôt un autre offider Veut de l'huile pour ses salades.

Enfin le pauvre rat, qui dans son cher hameau Passoit ses heureux jours sans crainte et sans envie. Las de voir qu'à -chaque morceau Il soit en danger de la vie , Prend congé de son hôte , en lui disant ces mots : « Vos mets ne me touchent guère :

« Peut-on fiiire bonne chère « On l'on n'a point de repos? »

Ne m*avottera««tu pas que ce rat fnt fort sage

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