‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 459 sur 465 · UN GARDÉ · texte numérisé non relu

UN GARDÉ

Seigneur!

CRÉSDS.

Voyez ce qu'enferme ce coffre.

( Le garde cherche dans le coffre-, et n'y trouve que

Vhabit dÉsope quand il étoit esclave.) Est-ce là le ti^ésor qu'on m'oblige à chercher?

ÉSOf E.

Oui , seigneur: vous voyez ce que j'ai de plus cher. C'est l'habit que j'a vois quand ; par un sort propice-. Il vous plut me choisir pour me rendre service : Habit vil , mais qu'on porte avec tranquillité , Qu'inventa la pudeur, et non la vanité; Qui jamais contre moi n'eût soulevé l'envie. Si je l'eusse porté pendant toute ma vie , Et que je redemande à votre majesté Avec plus de plaisir que je ne Val quitté. Comme je n'ai rien fait pour ni'afctirer la haine Dont vouloient m'accabler Trasybnle et Tirrèue,

3i8 ÉSOPE A LA GOUB.

C'est de non crédit seul dont ils sont mécontents ,

Et tous deox ne font rien qa'cm n-ait &it de tout temps.

Quelque soin qu*il se donne, et quelque bien qa'ii £use,

Quel ministre est aimé pendant qu'il est en place?

Et , quand de sa catrière il a fini le coun.

Ceux qui le haissoient le regrettent toojours.

D'un si dangereux poste appronycs nîa retraite.

Je oonnois , mais trop tard, la faute que j'ai £ûte :

Qne ferob-je à la cour, moi qui ne suis, seigneor.

Hypocrite, jaloux, médisant, ni flatteur?

CILESUS.

Pour ta retraite , non ; tu m'es trop nécessaire. Mais pourquoi cet habit , et qu'en voolois-ta faire? Quel bizarre plaisir t'obligeoit à le voir?

BSOP&.

L'orgueil suit de si ppès un extrême pouvoir, Que souvent, dans la place où j'a>ois l'honneur d'être. De ma £aîble raison je n'étois pas le mattre. . Souvent l'éclat flatteur de ce rang fortuné, n'élevant an-dessus de ce qne je suis né. Pour être toujours prêt à rentrer en moi-même. Je gardois ce témoin de ma mtsère extrême; Et quand l'orgueil sur moi prenoit trop de crédit. Je redevenois humble, en voyant mon habit. Voilà tout mon trésor. Quelque peu qu'il me coàte. Je ne m'en dédis point, c'est un trésor, sans doute. Puisque , lorsqu'on travaille à me sacrifier, Il vient à mon secours pour me justifier. Si contre mon devoir c'est tout ce qu'on oppose. Combien de gens, seigneur, s'ils fvsoient même dioee ,

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