HILAIRE, EUTROPE
EUTAOPB.
Soyez persuadé, monsieur Hilaire, <{ue la chose est Téritable.
HILAIRE
Je TOUS avoue, seigneur Eutrope, que j*ai peine k croire ^e que tous yenes de me dire.
SUTBOPB.
Rien n'est pourtant plus assuré.
HILA.IRE.
Mais y seigneur Eutrope, n'estKie point aussi quelque sentiment de jalousie qui s*est emparé de votre imagination? Souvent les amants trop déli* cats prennent fombre pour le corps , et le faux pour le vrai»
EUTROPB.
Encore une fois, monsieur Hilaire, c'est la vérité.
HILAIBB.
Mais, de qui tenez-vous la chose?
EUTROPE
Je la tiens d*nn billet cacheté qu on a envoyé chez moi, en mon absence, sans savoir de. quelle part il vient ; je n'en connois pas même récriture.
i46 LE COCHEft SUPPOSÉ.
HILàlBE.
Cest peut-être une chose supposée , ou une histoire faite à plaisir.
EDTROPE.
Non ; rien n'est phis certain, et j'en suis fortement persuadé.
HILAIRE
Pourroit-on voir ce billet?
EDTROPE.
^ Facilement ; le voilà.
HILAIRE /l(.
A monsieur Eutrope.
• « Un intérêt particulier qui me regarde m'o- « bligc à vous avertir que madame Dorothée , K nièce de monsieur Hilaire y de laquelle vous êtes «si passionnément amoureux, aime un cava- « lier qui vous est inconnu , et qu'ils se voient « tous les jours à la promenade. Si votis doutez «de ce que je vous écris, vous pouvez vousk même, avec un peu de soin, vous éclaircir ai- « sèment de cette vérité. »
EDTROPE.
(JJest ce que je n ai pas manqué de faire ; et je la vis hier, dans le bois de Vincennes, en grande conversation avec un monsieur que je ne connois point.