‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 98 sur 465 · SCÈNE V. i · texte numérisé non relu

SCÈNE V. i

MOBILLE.

Cest qu'il y en avoit ub , monaittur , à qui un fer s*étoit cassé en revepant de l'abreuvoir, et qu'à Tautre il y manquoit cinq ou six oloiu,

H IL AIRE

Tu as bien la mine de t'eutendre avec le marechai pour manger avec lui le fer et les clous.

VOttlLLB.

Je ne suis point de ces fripons-4à, et vous ne me connoissez pas. Je sais que la plupart des cochers s'entendent avec le sellier , le maréchal, et le charron, pour attraper de quoi boire ; mais je n'ai rieri à craindre là-dessus.

HILAIRE

Je crois que tu vaux bien mieux que les autres 1 Dis-moi un peu : quel est ce muguet qui se rencontre à toutes les promenades que fait ma nièce , et qui, hier encore, dans le bois de Vîncennes, se promenoit tête à tête avec elle , dans des lieux écartés des routes ordinaires?

MORILLB.

Je ne sais ce que c'est , mousieur.

miLAIBE.

Gomment I tu ne sais ce que c'est?

Non , monsieur.

l5o LE COCHER SUPPOSÉ.

HIL\tRE.

Veux-tu soutenif que cela n est pas véritable ?

MORILLE

Moi, monsieur? Vous voyez que je ne soutiens rien.

HILAIRE

On t*a fait le bec, et Fon t'a donné la pièce blanche pour te taire ; mais il faut que tu me dises tout maintenant la vérité.

MORILLE

Je vous la dis.

HILAIRE

Qu est-ce que tu me dis?

MORILLE

Je vous dis que je ne sais ce que c'est.

HILAIRE

Oses-tu mentir avec tant d'impudence ?

MORILLE

Je ne mens point.

Tu ne mens point , pendard ! C'est une chose que j'ai vue de mes propres yeux.

MORILLE, embarrassé.

Vous l'avez donc vue tout seul; car... pour moi... je n'ai rien vu. (à part. ) Que £aire ici?

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