ACTE III, SCÈNE IX
M. DE PLINYILLE.
S*il est des maladiei , Il est des médecins.
M. DE MORINVAL.
C'est encore bien pis.
M. DE PLINYILLE.
Répétez les bons mots que tont le monde a dits ! Il est d'habiles gens , et qu à tort on insulte. Souffre-t-on, on écrit à Parî^, on consulte Un illustre... Petit, je suppose : il répond ; Et vou» guérit bientôt '.
M. DE MORINVAL.
Ah ! tout de suite.
Au fond , Soyons de bonne foi ; trop souvent nos souffrances Sont la suite et le fruit de nos intempérances. La nature nous a prodigué tous ses don«: Nous abusons de tout; et puis nous nous plaignons!
M. DE MORINVAL.
Vous pourriez, en ce point, avoir raison peut-être.
Mab qu'on a droit, d'ailleurs, de se plaindre ! Est-on maître
Par exemple d'avoir de la fortune?
M. DE PLINVILLE.
Non:
' Quelques critiques ont prétendu que le public, ainsi que M. Petit, n'a voient pas besoin de cet éloge; mais ils n'ont pas pensé que Jen avois besoin, moi, et que j'acquittois ainsi une dette chère à mon cœur. {Note de l'auteur.'^
i5o L'OPTIMISTE.
Mais le pauvre , content de sa condition ,
Est heureux comme nous. Allez, le ciel est juste;
Et l'ouvrier actif, le paysan robuste,
Ont aussi leurs plaisirs , plaisirs purs, naturels...
M. DE MORINVAL.
Vous ne croyez donc pas qu'il soit des maux réels?
M. DE PLINVILLE.
Très peu. •
M. DE MOHINVAL.
Nos passions, ennemis domestiques.
Ne sont donc, selon vous, que des maux chimériques?
M. DE PLINVILLE.
Ah ! fort bien ! vous nommez les passions, des maux! Sans elles, nous serions au rang^ des animaux: Il faut des passions, il nous en faut, vous dis-je; Et ce sont de vrais biens, pourvu qu'on les dirigée.
M. DE MORINVAL.
Oui! dirigez Famour!
M. DE PLINVILLE.
Pourquoi non ? Sentez-vous Ce qu'un amour honnête a de touchant, de doux? Quel plaisir d'attendrir la beauté que Fou aime , Et de s'aimer encore en un autre soi-même ! De.... J'en aurois parlé bien mieux à vingt-cinq ans. Hélas ! j'ai, sans retour, passé cet heureux temps... Mais un bien vient toujours nous tenir lieu d'un autre : L'amitié me console , et je bénis la nôtre.
M. DE MORINVAL.
Vous nous parlez ici d'amour et d'amitié.