DE ROSELLE
Mme DE ROSELLE.
Eq vérité , voilà des chasseurs bien hardis !
M. DE PLINVILLE.
Commeiit donc ?
MBM DE ROSELLE.
Ils sont là sept ou huit étourdis , Qui ne se gênent pas.
M. DE MORINVAL.
Ayez donc une chasse !
M. DE PLINVILLÇ.
Us se seront trompés : il faut leur faire grâce.
M. DE MORINVAL.
Mais allez voir, du moins...
M. DE PLINVILLE.
J*y vais... quoique entre nous, Mon cher, je ne sois point de ces seigneurs jaloux Qui gardent leur gibier, comme on fait sa maîtresse. Je sens très bien qu'il faut excuser la jeunesse. Qu'un jeune homme , en passant, tire sur un perdreau. ...
M. DE MORINVA L.
On ne vient pas tirer à vingt pas d'un château.
M. DE PLINVILLE.
Aussi j'y vais mettre ordre. En me voyant paroitre , Ils scnmt plus fâchés que moi-même peut-être.
,6o L'OPTIMISTE.
ROSE
S'il pouvoit nous laisser en repos , Mademoiselle! alors, toutes deux, ce me semble, Nous serions, sans mari, bien tranquilles ensemble.
ANGÉLIQUE
Ah! ma chère, il n'est point de bonheur ici-bas.
ROSE
Pourquoi, mademoiselle?
ANGÉLIQUE
Eh mais... On ne voit pas Monsieur Belfort. Oii donc est-il?
ROSE
Il se promène Depuis une heure , seul, autour de la garenne. Il est pensif, rêveur : il a quelques chagrins , Ou je me trompe fort.
ANGÉLIQUE
Est-il vrai?
Je le crains.
Il soupire.
ANGÉLIQUE
Il soupire?... Entre nous , chère Rose... De ses secrets ennuis t'a-t-il dit quelque chose?
ROSE
Jamais : il est discret.
ANGÉLIQUE
Mais il a tort, je crois, De demeurer ainsi tout seul au fond des bois. Mon père , moi, sur-tout madame de Roselle,