‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 129 sur 424 · P1.I.- "■ °^ '■'•IN VILLE · texte numérisé non relu

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Eh b-en , e,-tu content? Tu conserves ta place. Point du tout; car je vie'sTmander m„n con^é

„ . , "•• OE PLINVILLE. ■

Mais c est toi que je veux garder.

L'OPTIMISTE, i83

PICARD

Bien obligé :

Mais moi je veux sortir, voilà la différence.

M. DB PLINVILLE.

Pourquoi ?

PICARD

Parcequ'il est plus naturel , je pense , Que je m*en aille, moi. Vous voulez renvoyer Du inonde; c'est à moi de partir le premier. Car je suis le plus vieux,

M. DE PLINVILLE.

Tu m*es trop nécessaire :

Je suis accoutumé...

PICARD

Je n*y saurois que faire.

Et d*aiUeurs , je suis las de servir : en deux mot^, Je vais me reposer.

M. DE PLINVILLE.

Eh mais! c'est un repos, Une retraite enfin , que ton service.

PICARD

Peste !

Une belle retraite.! et c'est moi seul qui reste !

M. DE PLINVILLE.

Tout est changé , Picard. Nous allons à Paris.

PICARD

Raison de plus, monsieur. Je reste en mou pays. Enfin , je vous Fai dit, je veux être mon maître.

M. DE iPLINVILLE.

Quoi ! tu veux me quitter, après m'avoir vu naître,

i«4 L'OPTIMISTE.

Toi qui de vois et vivre et mourir avec moi ?

PICARt).

Il vaut encore mieux vivre et mourir chez soi.

M. DE PLINVILLE.

Je f aimois , je croyoïs que tu m'aimois de même.

PICARD

Cela n*empéche pas , monsieur, qu*on ne vous aime. Mais, après cinquante ans, on est bien aise, enfin, De vivre un peu tranquille : il faut faire une fin.

M. DE PLINVILLE.

Il a raison ; et c*est peut-être une injustice. D'exiger qu'il me fasse un si grand sacrifice. Pourquoi vouloir ailleurs l'empêcher d'être heureux? Il faut aimer les gens non pour soi , mais pour eux. Il va se réunira son petit ménage, A sa femme, à ses fils : il est temps , à son âge. £t quand j'aurai besoin de lui , je me dirai , Il vit content ; alors je me consolerai. Mais tu pleures, je crois?

PICARD

Je ne puis m'en défendre.

Moi vous quitter, après ce que je viens d'entendre? J'en serbis bien fâché. Je reviens sur mes pas , Monsieur; si vous voulez, je ne partirai pas.

M. DE PLINVILLE.

Depuis assez long-temps, mon ami, tu travailles. Non , non: décidément, je veux que ta t'en ailles.

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