ACTE V, SCÈNE XII
Vn parc immense ; enfin tout est grand , tout est beau. On sait bien que jamais un acheteur ne loue; Mais cette terre, à moi , me plaît, et je l'avoue.
M. DE PLINVILLB.
L'acquéreur même aussi me plairoit en tout point.
Sime SE ROSELLE.
oh ! c'es^ un acquéreur... comme l'on n'en voit point.
Mme DE PLINTILLE.
V Monsieur s'annonce bien.
M. DORMEUIL
Hai... que sait-on? Peut-être Gagnerai-je, madame, à me faire conuoître.
Mme DE PLÏNVILLE.
J'aime à le croire.
M. DORMEUIL
£h ! mais, ces bois soiit enchantés.
Les beaux arbres !
M. DE PLÏNVILLE.
c'est moi qui les ai tous plantés.
Ces arbres dès long-temps me prétoient leur ombrage.
M. DORMEUIL
Ce n'est pas encor là votre plus bel ouvrage.
(en saluant Angélique.) De la terrcje vois le plus digne ornement.
M. DE PLÏNVILLE.
Tout le monde, en effet, nous en fait compliment. Vous paroissez, monsieur, un digne et galant homme.
M. DORMEUIL
Au fait, vous estimez votre terre la somme?...
M. Df PLINVILLE.
{ // arrête et regarde sa femme. ) Mais je crois qu'elle vaut... Combien ' ?
MUM de POINTILLE.
€eat miUe écns.
M. DORMEUII..
Je ne contesterai point du tout là-dessus. Je m*en rapporte à vous.
mne DE PLINVILLE.
Un procédé si rare Me touche.
M. DORMEUIL
Il est tout simple. En outre, je déclare Que j'entends bien payer la terre argent comptant.
M. DE PLINVILLE. t
A votre aise.
M. DORMEUIL
Pardon , c'est un point important , Qui me regarde seul. Oui, je me craint moi-même; J'ai sur certain article une foiblesse extrême. Tenez, il faut qu'ici je vous fasse un aveu. Le prix de votre terre est un argent du jeu : Par cet achat du moins je sauve une partie De six cent mille francs , que dans une partie...
Mme DE ROSElLE.
Quoi ! vous avez gagné deux fois cent mille écus?
M. DORMEUIL, sourùinl, >
On peut bien les gagner, quand on les a perdus.
^ Ce mouvement, cette question, sont un imprompui infiniment heureux de Mole.