ACTE I, SCÈNE VIII. . asS
S'il étoit dur et fier, iU seraient insolents. Tel vakt, tel maître.
viCToa.
Oui) rien n'est plus véritable. Aussi , monsieur , chacun yous trouve fort aimable.
M. D*ORLAHGB.
Victor ne manque pas de bonne opinion.
VICTOR
Tel maître, tel valet De ma réception Je ne pui^ revenir : elle est particulière.
«14 d'orlangb.
Eh mais! snis-je par-tout reçu d'antre manière ? Et quand on 9e présente...
VICTOR
Ah.i vous voilà bi^ fier!
Hais hier...
M. O'ORLANOB.
Il s'agit d'aujourd'hui) non d'hier.
VICTOR
A la bonne heure. Ici le hasard nous procure Un asile; et demain ?
M. o'ORLAIfGE.
Demain ? autre aventure.
VICTOR
Bonne réception , bon souper , bonne nuit ; Cest fort bien: mais sachons où cela nous conduit Voulez- vous donc toujours ainsi courir le monde. Et mener une vie errante et vagabonde?
Depuis plus de six ans , je voyage avec vous De royaume en royaume.
Il n*est rien de plus doux.
VICTOR
Mais, que vous reste-t-il , enfin, de vos voyages?
M. d'orlanoe.
Le souvenir...
VICTOR
D'avoir manqué vingt mariages , Vingt solides emplois; et, dans votre chemin , Pour Fincertain toujours négligé le certain. Et moi, nouveau Sancho d*un nouveau Dop Quichotte, J'erre moi-même au gré du vent qui vous ballotte, Pestant, grondant, sur- tout quand vous vous égarez, Et parfois espérant, lorsque vous espérez; Car vraiment je vousaime, et ne puis m*en défendre. Je ris de vos projets, et j*aime à les entendre ; Heureux ou malheureux , près de vous je me plais : Je puis bien me fâcher; mais vous quitter, jamais.
M. D*ORLANGE.
Va, je sens tout le prix d'un serviteur fidèle : Tu seras quelque jour bien payé de ton zèle.
VICTOR
Vous promettez monts d'or, et n'avez pas un sou.
M. d'orlange.
J'ai du hien... quelque part.
VICTOR
Vous ne saveï pas où.
M. d'orlange.
Mon oncle...