ACTE U^ SCÈNE III. 2$g
M. D*ORLANGE.
-Eh mais! cet accident chez moi n'est pas très rare. Je TaTOuerai , souvent cela m'est arrivé : Presque toujours aussi je m'en suis bien trouvé.
JUSTINE
Vous le faites exprès, peut-être?
M. d'orlaitge.
Je m'écarte Volontiers. Je ne sais les chemins ni la carte ; Maïs je marche au hasard. Si la nuit m'a surpris, De ce petit malheur moi-même je souris, Sûr dé voir, tôt ou tard, de loin, une lumière ; Tantôt c'est un château, tantôt une chaumière. Hier je fus reçu par un bon paysan , A qui, par parenthèse, avant qu'il soit un an , Je prétends bien causer une douce surprise. Ici je trouve encore, avec même franchise , Plus de goût, plus de grâce, et j'admire, d'honneur!...
mile d'orfeuil.
Vous aimez donc beaucoup à voyager, monsieur?
M, D'ORLAffGE.
Ah! beaucoup. Est-il rien de plus doux dans la vie , Que d'aller, de venir, au gré de son envie?
mU« D^ORPEUiL.
Mais. . . on se fixe enfin . •
M. d'orlamge.
Eh mais! en vérité, De se fixer ici l'on.seroit bien tenté. Où trouver, en effet, un lieu plus agréable, Plus riant, et sur-tout un accueil plus aimable?
s4<» LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
Mais je ne puis longtemps m'arrèter nu]1e part.
Vous arrivez; déjà vow farlee ^départ !
M. D^OflEAKOK.
N*en parlons point ce Mtr : mais demain, dès Faurore, Il faudra...
Bon ! donain vous serez las encore.
Mais de la sorte enfin si toajoors vous erres, Jamais, en ce cai»4à, vans ne vous marienes.
M. d'orlamgb.
On ne voyage pat toujours.
JOSTJNB.
Oh 1 non , sans doute.
Un beau jour, par hasard, en trouve sur sa route... Tel objet., qui vous plaît, qui sait wne engager;. Et I%Bne songe plusaJon à voyager.
M. d'oalahob.
Peut-être bien qu'un jocv ce sera mon histoire. Cependant je serois parlais tenté de croire Que je ne suis point £aît pour être marié.
mH« jD'oarBUiL.
Pourquoi, monsieur?
M. s'oRLAire-B.
Je crains d'étrecontrané Dans mes goûts; car je suit ennemi-de la gène; Etrhymen le plut doux ett toujours une chaîne.
mU» d'oritbvil.
Cette chaîne «t légère, et n'a rien d'effrayant.