ACTE II, SCÈNE III. a4i
J aime la liberté.
M. D*OB LANGE
mI1« d*orfbuil.
Mais, en vous mariant, Vous ne la perdrex point.
M. d'orlangb.
Les femmes sont charmantes, Je le vois; mais souvent elles sont... exigeantes. Elles veulent qu'on soit toujours à leurs côtés , Qu'on prodigue les soins, les assiduités : D*un tel efiFbrt je sens que je suis incapable; Et je pourrois , par joui*, être souvent coupable.
mU« d'or F eu il.
Il fandroit bien alors souvent vous pardonner.
M. d'orlange.
Parfois, pendant un mois, je puis me promener.
mD« d'orfbitil.
H faudroit bien encor pardonner cette absence : Le devoir d'une femme est dans la complaisance. Une fois prévenue...
M. d'or LANGE.
Oh ! je l'en préviendrois ; Car, si j'écois au point d'épouser, je vondrois Connottre bien ma femme, être bien connu d'elle.
JUSTINE
Oui-da!
M. d'oRLANGE.
Je lut dirois : « Tenez, mademoiselle... • Mais quoi ! je vous ennuie?
24a LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
mOc DOBFBtJII..
Achevez, s'il vous plait; Je prends à vos discoms le plus vif intérêt..
JUSTINE
( à part. ) Moi de même. Voyons où tout ceci nous mène.
M. D*OALANGE.
« Je |i*aimerai que vous, vous le croirez sans peine : » Dî rois- je à ma future...
mU« d'orfeuii..
Oh ! oui, fentends fort bien.
d'orlanJge.
m Mais je suis né galant; tel même, j'en convien , • Que Ton poarroit, parfois, me croire un peu volage. « Toute femme jolie a droit à mon hommage : « Trop heureux de lui plaire en tons temps, en tons lieux •' « Or, même après l'hymen , j'aurai toujours des yeux ; ^ Et je croirai pouvoir, sans inspirer de doutes, m Préférer une femme , et vouloir plaire à toutes. •
JUSTINE
C'est tout simple. Sans doute aussi , de son côté. Monsieur lui laisseroit la même liberté ; Verroit avec plaisir, même après l'hyménée. De mille adorateurs sa femme environnée j Sourire à l'un, flatter cet autre d'un coup d'oeil. Et faire à tout le monde un caressant accueil ; Aux lieux publics , au bal, à la pièce nouvelle. Par-tout aller sans lui , puisqu'il iroit sans elle ; Et , comme vous disiez , fid^e à son époux , •