‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 17 sur 424 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

FLORIMOND,-M. DOLBAN.

M. DOLBAN.

Tevoilà!

PtORIMOND.

Mon oncle!... Ah! permettez, de grâce... Cher oncle, après un mois, c'est donc tous que j'embrasse!

M. nOLBAIf.

JedeTois, avant tout, te quereller bien fort, Et n'ai pu m'empécher de t'embrasser d*abord ; Mais je ne laisse pas d*étre fort en colère.

FLORIMOND

En quoi donc, par hasard , ai-je pu vous déplaire?

M. nOLBAN. *

En quoi? Belle demande ! Avoir un oncle ici, Et descendre plutât dans un hôtel garni ! A cette indifférence anrois-je dûm'attendre?

FLORIMOND

JeTons suis obligé d*nn reproche si tendre :

Mais cela ne doit pas du tout vous chagriner.

Mon cher oncle , entre nous , j*ai craint de vous gêner ;

Et puis, je ne suis pas loin de votre demeure,

Et je pourrai vous voir chaque jour à toute heure.

M. OOLBAN.

Ta sais toujours donner aux choses Un bon tour, Car dans ta lettre aussi tu mets sous un beau jour Ton histoire de Brest et ton double caprice.

3b L'INCONSTANT.

Jamais, au bout d*un moi», quttta-t-on le service ?

FLORIMOND

Le service , en un mot , n*est point du tout mon fait.

M. dol'ban.

Va, tu n*e8 fait pour rien , je te le dis tout net

FLORIMOND

En quoi voyez-vous donc?...

M. DOLBAN.

En toute ta conduite.

En tes écarts passés, en ta dernière fuite; Et, pour trancher ici d'inutiles discours, Tu n*es qu'un inconstant , tu le seras toujours. I

FLORIMOND. I

Inconstant ! Oh ! voiU votre mot oi*dinaire ! Eh ! c'est pour ne pas être inconstant, au contraire , Qu'on me voit sur mes pas revenir tout exprès : J'aime bien mieux changer auparavant qu'après.

M. DOLBAN.

Cette précaution est tout-à-fait nouvelle ! .

En as-tu moins , sans cesse , erré de belle en belle ?

Depuis la robe, enfin, que bient6t tu quittas,

Ten a-t-on moins vu prendre et rejeter d'é|Ats?

Tour-à-tour la finance , et l'église, et l'épée...

Que sais-je? La moitié m'en est même échappée.

Vingt états de la sorte ont été parcourus;

Si bien qu'un an encore , et je ne t'en vois plus.

FLORIMOND

C'est que je fus trompé, c'est qu'il faut souvent l'être. C'est qu'il est maint état qu'on ne pei|t bien cormoitre A moins que par soi-même on ne l'ait exercé':

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