‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 224 sur 424 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

, SAINT-BRICE, MAnsMoisELLE DE CRAC.

SAINT-BRICE

Ah ! je TOUS vois d'abord : c'est un heureux présage. Déjà levée !

mUc de crac, avec taccent.

Eh mais ! c'est assez mon usage.

Ici, grâce à l'emploi que l'on fait dé ses jours. Plus tôt on les commence , et plus ils semblent courts.

SAINT-BRICE

Je pense bien ainsi, sur-tout en ces demeures; Les jours coulent , je crois , plus vite que les heures.

mII* de crac.

Ah! dé grâce...

Oui, croyez qu'en des instants si doiix, Je regrette le temps que j'ai passé sans vous.

mQ« DE CRAG.

Toujours à ce ton-là je mé trouve étrangère. Bien qu'en cette maison , parfois on ésagère.

SAINT-BRlCE.

En effet, le papa ne s'en tire pas mal.

SGÈNfi IL S

Il nous fit, hier soir, Ud conte sans égal.

Mlle DE CRAC.

Je l'avoaerai, mon père assez souvent s'amuse, Mais sans dessein pourtant... Non pas que je l'excuse; Car moi, je n'aime rien que la sincérité.

S^lNt-BRlGBt

Ni moi ; pardon..', j'ai cru, je me suis trop flatté , Trouver entre nos goûts un peu de ressemblance.

mOb db crac Monsieur... si j'ose ici dire ce que je pense, Entre nos traits, je crois , il est quelque rapport.

SATNT-'BRICE.

Eh bien ! je vous l'avoue^ il m'a frappé d'abord.

mU« de crac.

Oui, vous mé rappelez lé souvenir d'un frère Qaé j'aimois tendrement, à qui j'étois bien chère : Il séroit dé votre âge... Ah! regrets superflus ! Gé frère si chéri ,^ probablement n'est plus; ,

Dès long- temps nous n'avons dé lui nulle nouvelle.

Se peut-il? Que sait-on pourtant, mademoiselle? Des frères qu'on >erttt morts... ressuscitent souvei^t. Peut-être un jour,..

Atlk DE CRAC.

Eh mais! si lé mien est vivant.

Il m'oublie, et ce coup né m'est pas moins^ sensible.

SAINT-BRICE

Vous oublier? Oh! non , cela n'est pas possible.

mI1« de CE a c.

Monsieur, c'est l'un ou l'autre.

6 M. DE CRAC

SAINT-DRICE

En un mot, espérez; / Car j*ai dans l'idée, oui, que vous le reverrez.

Mlle DE CRAC.

Je né m en flatte plus.

SAINT-BRICE

De Fabsence d'un frère.

En tout cas, un amaut console et sait distraire.

Mlle DE CRAC.

Un amant, dites- vous?

SAINT-BRI CE

Eh! oui... Vous rougissez?

Mlle DE CRAC.

Qui? moi, monsieur?

SAiNT-BRICE.

Vous-même; et c'est en dire assez.

Au fait, s'il est heureux, il est digne de l'être; Et j'aurois grand plaisir... On vient; c'est lui peut-être.

m1I« d e c r a c , vivement Lui-même.

SAINT-BRICB.

Alors , je vais troubler votre entretien : Je crains d'être importun.

Mlle DE CRAC.

Monsieur, né craignez rien.

SAINT-BRI CE

( à part. ) Vous permettez? je reste. Il me prend fantaisie De donner à l'amant un peu de jalousie.

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