MADAME EVRARD, CHARLE
Mm* éyRARD, à part , pendant que Charte range dans
la chambre.
George est un bon enfant:
Mais sur de telles gens quel fond pourroit-ou faire? Pour Ambroise, sa marche à la mienne est contraire; Et c'est le dernier homme à qui je me fierois... Si j'intéressois Charle à mes desseins secrets... Il me plaît; monsieur l'aime ; il a de la prudence» De l'esprit : mettons-le dans notre confidence...
( haut. ) Comment tous trouvez-vous ici?
CHARLE
Fort bien , ma foi ; Et je serais tenté de me croire chez moi.
Mme EVRARD.
Allez, soyez toujours honnête et raisonnable: Cette maison pour vous sera très agréable; Monsieur semble déjà vous voir d'assez bon œil.
CHARLE
C'est à vous que je dois ce favorable accueil.
8a ^ LE VIEUX CÉLIBATAIRE.
MB» ÉTBABD.
Je possède , il est vrai, toute sa confiance.
CHARLE
C'est le fruit du talent et de rezpërience, Madame.
Mme EVRARD.
Ce fruit-là, je l'ai bien acheté:
Hélas ! si vous saviez ce qu'il m'en a coûté , Depuis dix ans entiers que j'habite ici!...
( se recueiUant un moment, et regardant autour
délie.)
Il faut à cœur ouvert enfin que je vous parle ; Cai* vous m'intéressez : vous êtes doux, prudent , Discret; et, comme on a besoin d'un confident Qui vous ouvre son coeur, et lise ait fond du vôtre, Et que vous n'êtes point un laquais comme un autre...
CHARLE
Non : j'espère qu'un jour vous le reconnoitrez.
Mme EVRARD.
Écoutez donc, mon cher; W bientôt vous verrez Tout ce qu'il m'a fallu de courage et d'adresse Pour être en ce logissouveraine maîtresse. Nous avons fait tous deux jouer plus de ressorts, Mon pauvre Evrard et moi !... ( car il vivoit alors ; ^ Depuis bientôt deux ans, cher monsieur, je sois veuve, ( essuyant ses yeux. ) Et c'est avoir passé par une rude épreuve!...) Nous avons de concert banni tous les voisins, •Les amis , les parents, jusqu'aux derniers cousins.