ACTE II, SCÈNE II. io
Triste état, si par là, comme je le soupçonne,
On entend n'aimer rien , ne tenir à personne?
Vive le mariage ! Il faut se marier,
Riche ou non : et tenez, je m'en vais parier
Que si quelqu'un offroit au plus pauvre des hommes
Un hôtel , un carrosse^ avec de grosses sommes.
Pour qu'il vécût garçon , il diroit : « Grand merci ;
« Plutôt que d'être riche, et que de l'être ainsi ,
« J'aime cent fois mieux vivre, au fond de la campagne,
« Pauvre, grattant la terfe, auprès d'une compagne. »
M. DUBR11.GE.
Assez.
GEORGE
Ce que j'en dis, c'est par pure amitié ; C'est que vraiment, monsieur, vous me faites pitié.
M. DUBRIAGB.
Pitié, dis-tu?
Vardon, c'est qu'il est incroyable Que moi, qui près de vous ne suis qu'un pauvre diaMe, Sois plus heureux pourtant : c'est un Chagrin que j'ai.
M. DUBRIAGE.
De ta compassion je te suis obligé; Mais changeons de sujet.
( Il se lève. )
OEOROE.
Très volontiers. Encore, Si , pour charmer, monsieur, l'ennui qui vous dévore. Vous aviez près de vous quelque proche parent!...
tci4 LE VIEUX CÉLIBATAIRE.
M. D17BRIAGE
Oui ! tu vois mon neveu !
GEOtlGB.
Mais cela me surprend ; Et vraiment je ne pois do tout le reconnoître.
M. DUBRIAGB.
A propos, ta Tas vu long-temps?
GEORGE
Je Tai vu naître.
Depuis, pendant dix ans , j*ai vécu près de lui.
M. nUBRIAGB.
Mais dis, George, d'après ce qu'il est aujourd'hui. Il de voit donc avoir un bouillant caractère?
Eh non ! il étoit doux.
M. DDBRIAGE.
Bon!
GEORGE
A ne vou^rien taire, Moi, je ne saurois croire à ce grand changement: ll'faut qu'on l'ait...
M. DUBRIAGE.
Tu dis qu'il étoit doux?
GEORGE
Gharmaot.
Sa mère ne pouvoit se passer de sa vue. Hélas ! son plus grand tort est de Tavoir perdue. Un oncle lui restoit; mais il ne la point vu.
M. DUBRIAGE, à part.
Hélas!