‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 344 sur 424 · MADAME EVRARD, CHARLE · texte numérisé non relu

MADAME EVRARD, CHARLE

M™« EVR4ARD.

Ah, Gharle! ah, mon ami! savez-vous la nouvelle, La découverte affreuse?...

CHARLE

Affreuse? Eh! quelle est-elle.

Madame?

Mme EVRARD.

Cette Laure est femme du neveu.

Comment?...

Mme EVRARD.

Eh ! oui. L'on vient de m'en faire l'aveu A l'instant.

CHARLE

Bon! Qui donc a pu...?

Mme EVRARD.

Monsieur lui-m^e ;

i88 LE VIEUX CÉLIBATAIRE.

Et ce n'a pas été sans une peine extrême. Je Fai vu tout-à>coup distrait, embarrassé; Car j'ai le coup d'œil sûr; et je l'ai tant pressé ( A cet âge on n'a pas la force de se taire). Qu'enfin j'aii pénétré cet herrible mystère.

CHARGE

Cest la nièce !

Mn« EVRARD. .

Ah ! l'instinct ne sauroit nous trahir ! Vous voyez si j'avots sujet de la haïr! Quand je touche au moment d'être ici la maîtresse, Quand je vais épbuser, il faut qu'elle paroisse ! Car j'aurai fait en vain jouer mille ressorts , Si Laure reste ici, mon ami , moi j'en sors.

GHARLE.

Eh mais!...

Mme JSVRARD.

Vous-même aussi; nous sortons l'un et Yautit

CHABLE.

Vous croyez?

Mme EVRARD.

Oui, ma chute entraînera la vôtre :

La protectrice à bas, adieu le protégé.

CHARLE

Je voudrois bien pourtant n'avoir pas mon congé.

Mme EVRARD.

Il n'en est qu'un moyen : arrangeons-nous de sorte Qu'au lieu de nous, mon cher, ce soit elle qui sorte.

CHARLE

Elle qui sorte ?

Page 1