ACTE V, SCÈNE III
Mme EVRARD.
Eh ! oui.
CIIARLE.
Mais vous n'y pensez pas.
Mme EVRARD.
C'est Tunique moyen de sortir d'embarras. Il faudra soutenir qu elle n'est pas la nièce, Et même le prouver.
CH ARLE.
Ah Dieu! quelle hardiesse!..»
Mais quels sont pour cela vos moyens?
Mme EVRARD.
Tout est prêt. Armand va nous servir...
CHARLE
Et comment, s'il vous plaU?f
Mme EVRARD.
Armand va, de Colmar, écrire que sa femme Est là-bas, près de lui. . ,
CHARLE
Qu'entends-je? Ah ciel ! madame...
Contrefaire une lettre?
Mn»e EVRARD.
oh ! que non pas : d'abord , Ce faux seroit, je pense, un trait un peu trop fort; Ce seroit une vaine et grossière imposture.] Car monsieur du neveu connoît bien l'écriture : Mais, comme vous savez, j'ai des lettres d'Armand, Et j'en montre une.
CHARLE
Bon!
ain» ÉTRARD.
Oui ; Julien à Tinstant Va l'apporter.
CHARLE
Eh mais! la date?...
Mm« EVRARD.
Je la change.
Ambroise, en paroissant venir de chez Lagrange, Va, par un faux récit, porter les premiers coups. J'affecterai d'abord Tair incrédule et doux; Mais j'appuie en effet, et je montre la lettre : La nièce partira, j'ose bien le promettre.
CHARLE
Soit. Mais à des papiers, car elle en peut avoir. Que répliquerez- vous? Je voudrois le savoir.
Mm* EVRARD.
Il ne la verra point.
CHARLE
En étes-vous bien sûre?
Mme EVRARD.
Oui, si VOUS nous aidez. Sachez, je vous conjure, La retenir là-bas , tandis qu'Ambroise et moi Nous nous charçeoàs ici de monsieur.
CBARLB.
Bien, ma foi!
Madame, j'aurai soin de ne pas quitter Laure.
I Mme^ EVRARD.
Voici monsieur: je dois dissimuler encore;