ACTE I, SCÈNE Ilï. il
Quand la mauvaise foi de son associé, A ^ui, pour son malheur, il s'étoit trop fié, Le ruine et le force à quitter un commerce Que depuis vingt-cinq ans à Cadix il exerce, A qui s'adresse-t-il, ce pauvre malheureux? Refusant le secours de ses amis nombreux , N'est'^ce pas près de toi qu'il vient chercher asile? Il vient... et non pas seul , mais avec sa pupille. Cette jeune Sozette, unique, aimable enfan^ D une sœur que tous deux chérissiez tendremeift.
M. GERMAIN
Ah ! oui... Pauvre Suzette!
urne GERMAIN.
Hélas! Finfortunëe Par le même revers fut aussi ruinée !
M. GERMAIN
Je le sais.
Mme GERMAIN.
Ce n'est pas le besoin , cependant.
Qui le ramène à nous; non : libre, indépendant, Il pouvoit vivre encor de ce peu qui lui reste. Mais il avoit besoin, dans son revers funeste, De nos soins consolants et de notre amitié: Dans le sein de son frère il s'est réfugié; Telle est sa confiance.
M. GERMAIN
Eh bien! voyons, ce frère, L*ai-je mal reçu, dis?
Mine GERMAIN.
Oh Dieu ! bien au contraire.
ai8 LES QUERELXJES DES &EUX FRÈRES.
L'ai -je plaint , consolé des maux qu'il a soufferts? Ma maison et mes bras lui furent-ils ouverts?
Mine CBRMAIM.
Oui, j'ai reconnu là votre délicatesse.
M. GERMAIN
Délicatesse! eh quoi! poujr un frère, une oièce! Cétait justice.
Mine GERMAIN.
Oh ! oui. Mais depuis cet iastaat.
Depuis six mois, vous-même êtes bien plus content. Et Marcel ! avec vous comme il semble se plaife!
M. GERMAIN
Il y paroit ! toujours il se met en colère.
MO** GERMAIN
Et le moment d'après vous voyes sa douleur-: Il faut juger son ame et non pas son humeur. Marcel est votre ami, le plus vrai, le plus tendre.
M. GERMAIN
Marcel? est-il possible?
Mme GERMAIN.
O ciel ! il faut entendre Comme il parle de vous quand vous êtes absent! Tout le bien qu'il en dit. Et quel ton, quel aoeeni! Il me dit que je suis la plus heureuse femme ; Il dit bien vrai.
M. GERMAIN
Marcel n'a point de fiel dans l'amt, Je le sais.