SCÈNE IX
GHARLE, SUZETTE.
SUZETTE
l^làt au ciel!
CHARLE
Sujette, ah! mon sang bout dans mes veines.
SUEÈTTÏ.
Nous àviofis cependant bien assez de nos peines. Cher cousin! pour jamais il faut nous séparer.
CHARLE
Nous séparer î Tu vas , toi , me désespérer ! Ah r ne m« parle pas de départ , je t'en prie.
SUZETTE
C'est mon oncle...
Ton oncle auroit la barbarie De t*emmener, Suzette?
SUZETTE
Hélas! il veut partir.
CHARLE
Vous ne partirez pas; je n'y puis consentir.
SUZETTE
Pouvons- nous l'arrêter?
CHARLE
Tu veux donc que je meure?
SUZETTE
Mais, 8an5*mon oncle , ici veux-tu que je demeure? 2. 26
3o2 LES QUERELLES DES DEUX FRÈRES.
CHARLE
Je veux... Puisque pour nous il a si peu d'égards, Je ne ménage rien ; si vous partez , je pars.
SUZETTE
Quoi! se peut-il?
CHARLE
Sans doute ; avec vous je m'embarqoe; Sinon, je me saisis dun esquif, d'une barque; Car tout me sera bon : oui , je vous poursuivrai, Fût-ce même à la nage, et je vous atteindrai. N'en doute pas. L'amour me donnera des ailes; Cet amour, je le sens, prend des forces nouvelles.
SUZETTE
Ah Cbarleî ab, mon ami ! Cette aimable chaleur Me ravit. '
CHARLE
Elle naît de Texcès du malheur.
Je fus, jusques ici, trop foible , trop timide ; A force d'injustice, on me rend intrépide.