SCÈNE IL
FLORIMOND, CRISPIN, M. PADRI6E.
M. PADRiGE, avec force révérences.
Ma visite, monsieur, vous dérange peut-être; Mais je n'ai pu moi-même ici vous recevoir: Jétois absent alors. J'ai cru de mon devoir De venir humblement vous rendre mon hommage.
FLORIMOND
Fort bien.
M. PADRIGE.
Je sais à qiioi notre état nous engage. CRISPIN, lui rendant ses révérences.
Monsieur !
M. PADRIGE, à Fhrimond.
De mon hôtel étes-vous satisfait ?
Très fort.
M. PADRIGE.
Vous le trouvez honnête?
FLORIMOND
Tout-à-fait.
i4 L'INCONSTANT
M. PADRIGE.
Et votre appartement commode?
FLORIMOND
Oui, mon cher hôte.
Très commode.
CRisPirr.
Pourtant ma chambre est un peu haute.
FLORIMOND
Je me trouve fort bien.
M. PADRIGE.
Je vous suis obligé.
Il le faut avouer, je n'ai rien négligé Pour réunir ici l'utile et l'agréable ; Et vous voyez...
CRISPIN
Au fait : avez-vous bonne table?
M. PADRIGE, à Florimond.
Sans vanité, monsieur, je puis dire, entre nous, Que je n'ai gu^re ici que des gens tels que vous.
CRISPIN, s inclinant.
Ah!...
M. PADRIGE.
Des Bretons , sur-tout. Cest Brest qui m'a vu nattre; Et, Dieu merci, Padrige a Fhonneur d'y connoltre Assez de monde. Aussi l'on s'y fait une loi , Quand on vient à Paris , de descendre chez moi : Et c'est du nom de Brest que mon hôtel se nomme.
CRISPIN
Ce bon monsieur Padnge a l'air d'un galant homme.