ACTE m, SCÈNE III. iSg
M. DE PLINVILLE.
Gh ! tant mieux.
MOMDB PLINVILLE.
A liii voir ce visage serein, On croiroii qu'il s*agit de la grange d'un autre.
M. DE PLIMVILLB.
J'aime mieux que le feu soit tombé sur la nétre. Pour tout autre ce coup eût été plus fatal : Noos sommes en état de supporter le mal.
Mine DE PLINVILLE.
Vous êtes, sans mentir, un homme bien étrange!
M. DE PtmVILLB.
Eh! de quoi s*agit-il, après tout? d'une grange ! £h bien ! ma chère amie, on la nebâtir a : J'ai du bois en réserve , et l'on s'en servira. Je n'ai pas fait bâtir depuis long- temps, je pense.
Mae DE PLINVILLE.
Vous ne cherchez qu'à faire ici de la dépense.
M. DE PLINVILLE.
Les pauvres ouvriers y gagneront. Enfin ,
Sans de tels accidents, beaucoup mourroient de faim.
Eh! ne faut- il donc pas que tout le monde vive?
Mme DE PLINVILLE.
Oui , mais en nourrissant les autres , il arrive Qu'on se ruine.
M. DE PLINVILLE.
Bon ! l'on a toujours assez.
Et les cent mille écas qu'à Paris j'ai laissés?
MVe DE PLINVILLE.
Vous avez mal choisi votre dépositaire.
i4o L'OPTIMISTE.
Que ne les placiez-vous plutôt chez un notaire ?
M. DE PLINVILLE.
Un notaire, crois-moi, ne vaut pas un ami. Dorval , assurément, ne s'est point endormi : Il devoit me placer comme il faut cette somme.
Mm< DE PLINVILLE.
Mais étes-vous bien sàr qu'il soit un honnête homme?
M. DE PLINVILLE.
Honnête h(Hiime ? Dorvai !.. .
Mme DE PLINVILLE.
Je sais qu'il joue.
M. DE PLINVILLB.
Un peu.
/M«n« DE PLINVILLE.
Beaucoup : c'est un joueur.
\ M. DE PLINVILLE.
^ Il est heureux au jeu.
jUpa» DE PLINVILLE.
La rente cependant ne vient point.
M. DE PLINVILLE.
Oh! j'espère..,
M«e DE PLINVILLE.
Vous espérez toujours.
ÂCT£ m, SCÈNE IV. i4i