‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 13 sur 396 · ACTE I, SCÈNE VIL 3i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIL 3i

LE CBEVALIER.

Songeons au solide , mon ami ; nous donnerons ensuite dans la bagatelle.

CRISPIH.

Cest bien dit. Or çà, je vois bien que c'est la dame d*ici qui est la meilleure à ménager, et je m'en vais renvoyer madame la baronne avec ses présents.

LE GHEVALIEB.

Gomment? que parles^n de présents ?

Cest ce que je tous ai voulu dire d'abord , que madame la baronne vous attend cbez vous avec des présents ; mais je vais les renvoyer.

Attends , attends un peu. Et qu'est-ce que c'est que ces présents ?

Hé i monsieur, c'est, par exemple, un fort beau carrosse qu'elle a fait mettre sous une de vos remises, deux gros chevaux dans votre écurie, un cocher et un gros barbet qui ont amené tout cela , et que je vais renvoyer, puisque vous le voulez.

LE CHEVALIER

Nojkfin>n X demeure. Cette pauvre femme ! elle ^/mme dans le fond, et je ne veux pas la fôcher.

attendu, quand on a le bonheur de vous voir un moment; et j'attendrai toujours volcuitiers, quand je serai sûr de ne pas attendre inutilement.

Qu'il est ol>li(j^ant, et qu'il dit les choses de bonne grâce ! Au inoins, monsieur le chevalier, Lisette m'a rendu compte de votre houAeteté; vous ne vouliez pas qu elle me vînt avertir, d« peur de me détourner : mais j'aurois été bien fâchée contre elle.

LE CHEyA,LIEH.

Je craignois de donner du chagrin à la compagnie que vous venez de quitter.

]ime PATIN.

Il n'y avoit que des femmes , au moins ; et vous n'avez point de rivaux à, craindre.

c B I s p I N , bas, au chevalier.

Le caiTo«ise s'ennuiera sous la remise*

LE GBEVALIEil.

Paix.

Que ditCriapin?

GRISPIIC.

Rien , madame.

nme pATlor.

Passons dans mon cabinet, nous y serons mieux qu'ici.

A<5tE I, SCÈN-E VIII. 35

c R I s p I N , bas , au chevalier.

Les chevaux s'impatienteront, von^dis^je.

LE CREVALIER.

Tetairas-ttt?

Mme PATIN.

Allons, monsietif le chevalier.

GRISFIlt.

Adieu l'équipage.

!*■• PATIR.

A qui en a-t-il? Qlie parle-t-il d'équipage?

LE CHEVALIER

Je ne sais, madame, ce qu'il marmotte entre ses dents, de carrosse, de chevaux, d'équipage* Cest mon sellier qui m'attend, n'est-ce pas?

CRI8PIV.

Oui,mQnneur.

AFa-^t-on amené ces deux chevaux neufi»?

CRItPIN.

Oui, BM>nsieiir, et ils vous attendent ^ eomme

je vous ai dit.

LE CHEVALIER

Je vous demande pardon, madame; c'est un nouveau carrosse que J€ me donne. Je sans que je TOUS fais plaisir de me bien mettpe en équipage ; et je meurs d'impatienee de voir si vous devez être contente de celui-ci.

M™« PATIK.

Je Tais le voir avec vous ; et puisque c est pour me plaire que vous faites cette dépense, je serai bien aise d*étre la première à vous en dire mon sentiment. Allons.

LE CHEVALIER

Ah , madame ! songez de grâce...

Mme PATIN.

A quoi) monsieur le chevalier?

LB CHBVALIEB.

Eh, madame!

M»e PATIN.

. Comment?

Que diroit-on, madame, dans le monde, des petits soins qu on vous verroit prendre ? Gela seul suffiroit pour découvrir ce que noua avons intérêt de cacher; et je serois an désespoir que quelques soupçons nous attirassent de chagrinantes remontrances de votre famille et de la mienne.

GRISPIN.

Assurément, madame , et il ne seroit pas hon-> néte que mon maître essayât son carrosse devant vous. La femme de son sellier est une causeuse !

LE CHEVALIER

Oui, madame, il y a des suites à craindre, que je prévois, et que je ne saurois vous dire. Adieu,

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