SCÈNE XXXIV. aa
éBASTE.
Écoutez-moi, s'il tous plaît, et vous ne vous plaindrez pas que je sois chez vous, assurément. La sottise qu*a faite un de vos valets de tuer un cerf qui sVtoit sauvé chez vous , et qu'on a trouvé caché dans votre écurie, suffiroit pour renverser une fortune encore mieux étahlie que la vôtre ; et je ne sais même si mon oncle ne risquera pas la sienne en ne poussant pas la chose. Cependant, mqnsieur, si vous voulez bien que j'aie l'honneur d'être votre {]^endre, il n'en sera jamais parlé.
M. BERIfAUD.
Non , monsieur, et je ne donnerai ma fille qu'à un homme qui achètera ma maison ; car je m'en veux défaire.
ÉRASTE
Qu'à cel a ne tienne , monsieur ; je vous rendrai tout ce qu'elle vous a coûté, et vous y serez toujours le maître.
M. BEBKARD.
Non , s'il vous plaît ; et vous commencerez , dès aujourd'hui même, à en faire les honneurs et la dépense.
éllASTE.
De tout mon cœur.
M. BERNARD
Eh bien ! je vous donne donc ma fille pour être défait de ma maison.
ÉRASTE
Allons rejoindre la compagnie: je voudrois bien qu'elle fut plus nombreuse.
U™« BERNARD
Mais le pauvre Dorante a sur les bras une fort mauvaise affaire.
ÉRASTE
Nous accommoderons tout, madame, et ces messieurs qu'il avoit amenés ne refuseront pas d'être des noces.
LA FLÈCHE
Mon maître n'est pas mal dans ses affaires : avec une jolie femme et une maison de bouteille y il aura plus d'amis qu'il ne voudra.