‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 146 sur 396 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LISETTE

Cest celle de toutes les jolies fenunes, et tous êtes folle à meilleur titre que pas une.

ANGÉLIQUE

GepeDdant je ne suis point coquette, et tout ce que je fais n*est que simple curiositë.

LISETTE

Glirioeité?

AROCLIQUE.

Oui: je me plais à connoître les diffërents effets que l'esprit et la beauté peuvent produire dans les cœurs.

LISETTE

I9*entre-t-il point aussi un peu de malice dans votre fait?

ANGÉLIQUE

Quelquefois. Mon maître à chanter, par exempie, je ne serai point contente que je ne Taie fait mettre aux pertes-maisons.

LISETTE

Vous lui fîtes passez dernièrement une bonne nuit sous vos fenêtres.

Si la pluie n'avoit cessé , je ne lui aurois donné audience qu*à onxe heures du matin.

a36 . L'ÉTÉ DES COQUETTES.

LISETTE

Ma foi, madame, vous n'ayez point de conscience : il ëtoit percé jusqu'aux os.

ANGÉLIQOE.

Ne suis-je pas heureuse de savoir me divertir de toutes sortes d'originaux ?

LISETTE

Oui vraiment, et je commence à connqitre qu'une fille d'esprit n'a jamais le loisir de s'ennuyer.

ANGÉLIQUE

11 est bon de s'accommoder au temps et aux situations où l'on se trouve.

LISETTE

Vous avez raison.

ANGÉLIQUE

Tant que durera la guerre , si l'on ne s'humanisoit un peu , on mourroit d'ennui tout l'été.

LISETTE

x\ssurément.

ANGÉLIQUE

n faut se faire une occupation dans la vie.

Il n'y a rien de plus louable.

ANGÉLIQUE

J'y trouve une espèce de mérite même; on* polit un homme de robe , on apprend à vivre à un

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