SCÈNE I. a
Ma foi, je ne suis pas de votre sentiment; ce que j'entends dire du mariage ne m'en dëgoûte . point du tout , et ce que j'en imagine me paroit tout-à-fait joli.
ASGÉLIQUE.
Tu feras bien de t'en tenir à l'imagination, poar.n* être pas détrompée.
LISETTE
Vous n'avez pas toujours été dans ce goàt-là, et Glitandre...
ANGÉLIQUE
Le temps du départ est venu bien à propos ; sans le voyage d'Allemagne, j'aurois peut-être fait l'extravagance de l'épouser.
LISETTE
Mais vous l'aimez ?
ANGÉLIQUE
Je ne sais : il ne m'ennuie pas tant qu'un autre ; je lui trouve plus d'esprit, des manières plus tendres et plus insinuantes , la conversation plus enjouée , le cœur mieux fait...
LISETTE
Vous aviez du plaisir à le voir ?
, ANGÉLIQUE
Oui.
LISETTE
Vous receviez ses lettres avec joie ?
ao.
AKOéLIQUS.
liISBTTB.
Son absence tons fait peine ?
ANGÉLIQUE
D'accords
LISBTTS.
Les daii|;ers où il peut être exiposë tous cansent de Tinquiëtade?
AiroéLiQUB.
Beaucoup, je te Favoue^
LISETTE
Et vous ne savez si vous Faimez?
ANGÉLIQUE
Non : il me semble que je n*aîme personne^
LISEtTE.
Mort de ma vie ! la voix publique est donc bien injuste !
ANGÉLIQUE
Gomment ?
LISETTE
£Ue vous accuse d*aimer tout le monde.
Non , de bonne foi , je n'aime personne : mais je suis ravie d*étre aimée ; c est ma folie , j'en demeure d'accord.