ACTE II, SCÈNE III
LISETTE
n le mérite bien ; et quand vous serez une fois la belle-mère de sa fille , tous aurez bien des occasions de le désespérer.
La belle-mère de sa fille , moi I Tu n y songes pa^, Lisette. Ne t'ai-je pas tantôt fait confidence de FafFaire du chevalier ?
LISETTE
Ah! par ma foi, madame, je vous demande pardon ; je ne m'en souvenois pas , et je croyois cpie vous l'aviez oublié, à cause de ce cpie vous venez de dire à monsieur Serrefort.
Mine ^PATIN.
Que tu es béte, ma pauvre Lisette ! JTaurois promis à monsieur Serrefort tout ce qu'il auroic voulu pour après-demain.
LISETTE
Oui, madame?
Mine PATIN.
Oui, vraiment : car dès demain je me mettrai hors d'état de lui pouvoir tenir parole.
LISETTE
Cela est bien adroit.
M"»« PATIN
Nous avons pris, le chevalier et moi, toutes
5o LE CHEVALIER A LA MODE.
LUC ILE.'
Gomment donc, ma tante?
mme PATIN.
Défaites-vous sur-tout de ma tante y et servezr vous du mot de madame y je vous prie, ou demeurez chez votre père.
LCGILE.
Mais , ma tante , puisque vous êtes ma tante , pourquoi faut-il que je vous appelle autrement?
Bime PATIN.
Cest qu'étant femme de qualité, et vous ne l'étant pas , je ne pourrois pas honnêtement être votre tante, sans déroger en quelque façon.
LCCILE.
Oh! que cela ne vous embarrasse pas, ma tante ; je deviendrai bientôt aussi femme de quatité.
MW« PàTIN.
Que ditee-vous ?
LCCILE.
11 ne tiendra qu'à moi d'être pour le moins aussi grande dame que vous.
Bime PATIN.
Plaîi-il?
LUCILE
Je connois un seigneur tout des plus joiis, que j'ai vu plusieurs fois aux Tuileries, qui m'épou-