‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 208 sur 396 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

LISETTE

Vous voilà pourtant bien éveillée.

Qui a donc troublé ton repos ?

' ARAMINTE

Ne t* alarme point, ce n est pas ton mari ; je ne l'aime pas, au moins.

ANGÉLIQUE

Tu is fait une belle conquête, et je t'en félicite.

ARAMINTE

Il ne tient qu'à moi de le ruiner ; tout son bien est à mon service.

LISETTE

£h, mort de ma vie! prenez toujours à bon compte; il n'y a point de mal à ruiner un nari , quand sa femme parta^^e les revenant-bons de l'aventore.

ARAMINTE

Qu'il ne sache pas que vou^ êtes mes confidentes , je vous prie.

ANGÉLIQUE

Je n'abuserai pas de ton secret. A quoi as - tu passé la nuit ?

ARAMINTE

A chercher dans ma tête tous les moyens ima-

ginables de faire enra(];cr mon mari.

LISETTE

Voilà un amasement fort agréable.

ANGÉLIQUE

Ah! cesidées,t*ont fait plaisir; je ne m*étoiuie plus de te voir un si bon visage.

• aramiutb.

C'est un homme qui perd l'esprit , et qui me le fait perdre, n veut et ne^Tentplus dans le moment même : tant6t complaisant jusqu'à l'ezcèft , puis aussitôt brutal à la fureur : quelquefois content d'une chose,qui lui déplaît un quart d'heure après. U querelle toujours sans sujet; et, pour viTre en repos avec lui, on ne sait jamais quel parti prendre.

AITGÉLIQCE.

Voilà des inégalités impardonnables.

ARAM INTE.

n faut que vous m'aidiez à le rendre raisono»ble, et à me venger de ses caprices.

, LISETTE

Que ce soit donc en tout bien et en" tout Iran* neur. Pour mettre «n mari à la raison, on s'en écarte quelquefois; et ces biais - là ne valent jamais rien, quoiqu'ils soient les plus à la mode.

ARAMINTE

Pour moi, je ne sanrois mieux faire enrager mon bourru, qu'en lui attrapant de l'argent.

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